Fondation MAIF - Prévoir les risques accidentels

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L’enfant

Une perception autre

La perception non plus n'est pas celle d'un adulte. Le point de vue de l'enfant, de par sa taille, n'est pas le même que celui d'un adulte. Imaginez la cuisine de votre appartement ou, pis encore, un trottoir, vu à 1 mètre du sol !

Par ailleurs, son champ de vision est beaucoup plus étroit, son attention presque entièrement concentrée sur la zone centrale.

Pour l'audition, c'est un peu la même chose, car l'enfant n'écoute pas de la même manière que l'adulte : les tris de l'information n'obéissent pas aux règles auxquelles nous sommes habitués.

Des facteurs psychologiques

La curiosité est un moteur puissant pour l'enfant qui, pour apprendre, doit explorer et découvrir.

L'impulsivité de l'enfant lui fait courir des risques, car il n'évalue pas les dangers au préalable.

Le moment présent est souvent prioritaire dans son esprit. L'excitation, la joie, les sentiments l'emportent sur le raisonnement.

La quête d'une plus grande autonomie est étroitement liée à une affirmation de la personnalité.

    Outre sa volonté de prouver à lui-même et aux autres ce dont il est capable, il va vouloir décider lui-même de ce qu'il doit faire ou non et l'entreprendre.

Il ne sera pas toujours facile pour les enfants de trouver le juste milieu qui consiste à stimuler l'enfant tout en gardant à l'esprit ses limites afin de le mettre à l'abri de situations dangereuses.

Les aspects cognitifs

On oublie trop souvent que l'enfant perçoit différemment les notions de danger, de vie et de mort. Les explications face aux dangers éventuels ne sont donc pas forcément efficaces. Des limites cohérentes et fermes - certains interdits - sont en conséquence nécessaires tant que l'enfant est trop jeune pour assimiler ces concepts complexes.

L'enfant ne peut pas soutenir longtemps une attention importante. Ses capacités de concentration, courtes dans la durée, demandent aux parents une grande vigilance et même de l'imagination quand il s'agit de varier les activités.

La mémoire et les liens de causalité

L'enfant ne peut pas, par manque d'expérience et de recoupements possibles, gérer autant d'informations qu'un adulte. Il lui est donc beaucoup moins facile de mémoriser et de mettre en relation les informations qu'il reçoit, pour effectuer des tris "à bon escient".

Des atouts

L'enfant communique très bien, et très tôt

La communication ne passe pas uniquement par les mots. Dans la communication entre enfants et adultes, comme entre adultes, le langage corporel ainsi que les regards comportent autant de significations que les mots. Le désir, la joie, la tristesse ou les craintes : l'enfant sait très bien les exprimer bien avant de posséder le langage des "grands".

    Il ne faut cependant pas surévaluer la capacité de compréhension de l'enfant. En effet, ce n'est que progressivement que l'enfant assimile les nuances dans l'expression linguistique ou corporelle. Les jeunes enfants ne comprennent pas la valeur symbolique des mots : à 7 ans ils comprennent à peu près la moitié du vocabulaire utilisé dans l'éducation à la sécurité.

Il faut attendre l'âge approximatif de 12 ans pour que les enfants commencent à penser en termes abstraits comme les autres.

En conséquence, quand nous utilisons l'ironie - l'exagération - ou des métaphores abstraites, l'enfant ne comprend pas. Nous risquons de le perturber au plus haut point car ce qui nous semble utile pour souligner un interdit peut, au contraire, être interprété comme la réalité par l'enfant.



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