Comment l’assurance immobilière peut intégrer les risques littoraux et renforcer la solidarité face au changement climatique ?
Créé le 05/01/2026
Face à l’érosion et la submersion marine, l’assurance immobilière doit évoluer car le risque de voir des zones devenir « inassurables » est important. Ce projet interdisciplinaire vise à analyser de nouvelles solutions pour protéger les propriétaires des communes littorales et anticiper les impacts économiques et sociaux des risques climatiques.
Un littoral attractif mais vulnérable
Les communes littorales françaises attirent toujours plus de résidents, séduits par le cadre de vie. Pourtant, 20 % du linéaire côtier est exposé à l’érosion et 1,5 million de personnes vivent dans des zones à risque de submersion marine.
Ces risques vont s’aggraver avec l’élévation du niveau de la mer, estimée, selon le GIEC, entre 28 et 100 cm, voire 188 cm à l’horizon 2100.
Cependant, le prix de l'immobilier, qui continue d’augmenter, ne reflète pas pleinement l'ampleur des risques.
L’objectif de la recherche : inventer de nouveaux modèles assurantiels
L’assurance immobilière peine déjà et peinera de plus en plus à couvrir durablement les dommages liés au recul du trait de côte ou à la submersion marine. Les mécanismes actuels, souvent publics (CatNat) ou privés classiques, pourraient atteindre leurs limites financières et sociales.
Le projet vise à :
- identifier des solutions d’assurance viables, combinant protection des assurés et incitation à la prévention ; 2 options seront explorées :
- une valorisation dégressive du bien
- un contrat assurantiel à prix évolutif
- analyser la perception des propriétaires et leur acceptabilité sociale de nouveaux mécanismes assurantiels ;
- proposer des pistes pour un partenariat public-privé durable qui soit socialement équitable.
Une méthodologie interdisciplinaire et innovante
Le projet combinera :
- des entretiens avec des acteurs publics et privés et des experts pour analyser les politiques d’indemnisation et les pratiques assurantielles ;
- une collecte de données sur l’évolution parallèle des prix immobiliers et des primes ;
- une enquête en porte-à-porte auprès de 600 propriétaires de communes littorales exposées. Cette enquête mesurera leur perception des risques, l’effet de l’information donnée par les enquêteurs sur leurs anticipations immobilières et leurs comportements (vente, protection, assurance) ;
- une analyse juridique de trois cas emblématiques (l’immeuble du Signal et les communes de Biscarrosse et Treffiagat) explorera les possibilités d’adaptation du droit et des dispositifs assurantiels face aux risques côtiers.
Résultats attendus
- un diagnostic complet des freins et leviers pour un nouveau modèle assurantiel littoral ;
- des recommandations concrètes pour les assureurs, l’État et les collectivités ;
- une meilleure information des propriétaires, afin de préserver leur liberté d’installation tout en explorant des conditions d'évolution de la mutualisation des coûts liés à des décisions privées ;
- une journée de restitution scientifique et citoyenne ouverte aux habitants concernés.
Porté par Caroline Rufin-Soler (Nantes Université, UMR LETG 6554 CNRS), ce projet réunit géographes, économistes, juristes et sociologues.
Les partenaires du projet :
- l’Université du Littoral Côte d’Opale
- la Banque de France
- le CNRS
- l’Université de Rouen
- l’Université de Strasbourg
L’ambition de cette recherche au service de la société est de concilier protection des habitants, viabilité économique des assureurs et équité sociale dans un contexte de risques climatiques croissants.
Organismes de recherche et partenaires
Laboratoire LETG (Littoral- Environnement-Télédétection-Géomatique), Université de Nantes
Principaux intervenants
Caroline Rufin-Soler, enseignant-chercheur en Géographie, membre de l'Observatoire Régional des Risques Côtiers, Nantes Université
Date de début / Durée
24 mois, 15/12/25