Le projet REVAEE, soutenu par la Fondation MAIF, éclaire les mécanismes des tempêtes et des canicules en Europe.
Archives 2007, réactualisé 2026
Canicule de 2003, tempêtes de 1999... Achevé en2007, le projet REVAEE, mené par le Laboratoire de météorologie dynamique (IPSL) et soutenu par la Fondation MAIF, a étudie les mécanismes des tempêtes et des canicules pour mieux anticiper leurs impacts régionaux dans un climat qui se réchauffe.
Les événements climatiques extrêmes constituent aujourd'hui l'une des manifestations les plus visibles du changement climatique. Canicules, sécheresses, incendies de forêt, pluies intenses, inondations ou encore tempêtes affectent de manière croissante les territoires européens et français.
Dès 2007, alors que la canicule de 2003 et les tempêtes de 1999 restaient dans toutes les mémoires, la Fondation MAIF a soutenu le projet REVAEE (Régionalisation et Variabilité des Événements Extrêmes), porté par le Laboratoire de météorologie dynamique (LMD/IPSL). L'objectif était de mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent les événements météorologiques extrêmes et d'améliorer leur représentation dans les modèles climatiques.
Objectifs de la recherche
Le projet visait à améliorer la compréhension des mécanismes à l'origine des événements climatiques extrêmes en Europe et à mieux évaluer leurs évolutions futures à l'échelle régionale. Les chercheurs se sont notamment intéressés à :
- la dynamique des tempêtes et des dépressions atmosphériques ;
- les facteurs favorisant les vagues de chaleur et les canicules ;
- l'influence de la vapeur d'eau, de l'humidité des sols et de la végétation sur les extrêmes climatiques ;
- la régionalisation des impacts du changement climatique à l'aide de simulations climatiques à haute résolution.
Principaux résultats
Mieux comprendre les mécanismes des tempêtes
Les travaux ont mis en évidence le rôle de la vapeur d'eau dans la dynamique du courant-jet : sa présence tend à ralentir le jet atmosphérique et à limiter l'intensité des perturbations, un effet cohérent avec les projections d'augmentation de la vapeur d'eau dans un climat plus chaud. Les chercheurs ont également montré, à partir de simulations idéalisées, que la position et l'intensité des contrastes thermiques océaniques (comme ceux du Gulf Stream) influencent la position du courant-jet et donc la trajectoire des tempêtes. Une partie de ces résultats, obtenus par modélisation, faisait encore l'objet de publications en préparation au moment du rapport final.
Les canicules : une combinaison de facteurs
Les résultats ont confirmé que les vagues de chaleur résultent d'abord d'une situation atmosphérique de blocage anticyclonique, amplifiée dans certains cas par des rétroactions locales liées à l'état des sols et de la végétation. Les analyses ont notamment montré qu'une sécheresse printanière peut favoriser l'apparition de certaines canicules estivales en limitant l'évaporation et en accentuant le réchauffement des surfaces continentales — un mécanisme particulièrement marqué pour les canicules d'Europe de l'Ouest et centrale. Il l'est en revanche beaucoup moins pour les canicules ibériques, davantage liées à une arrivée d'air chaud d'origine atlantique, ou pour les canicules russes et baltes, où le cycle de l'eau est surtout piloté par la fonte des neiges.
Des modèles régionaux plus performants, mais encore limités
Le projet a contribué au développement de simulations climatiques à haute résolution (jusqu'à 20 km sur la France), qui améliorent sensiblement la représentation des vagues de chaleur et des sécheresses à l'échelle régionale. Les précipitations extrêmes restent toutefois systématiquement sous-estimées, y compris dans les modèles les plus fins. Ces travaux confirment surtout que les impacts du changement climatique peuvent être évalués de façon relativement fiable à l'échelle du continent, mais demeurent encore difficiles à anticiper avec précision à l'échelle d'un territoire de quelques centaines de kilomètres.
Un projet précurseur
Lorsque le projet a été lancé, les liens entre changement climatique et événements extrêmes restaient encore largement débattus au sein de la communauté scientifique. Les travaux menés dans le cadre de REVAEE ont contribué à mieux comprendre les mécanismes physiques à l'origine de ces phénomènes et à améliorer leur prise en compte dans les modèles climatiques.
Depuis, les constats se sont renforcés : l'augmentation des températures favorise des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, tandis que certaines régions connaissent des épisodes de précipitations extrêmes plus sévères ou des sécheresses plus durables. Les questions étudiées dans REVAEE demeurent ainsi au cœur de la recherche climatique actuelle et sont essentielles pour anticiper les risques auxquels les territoires seront confrontés dans les décennies à venir.
Organismes de recherche et partenaires
Laboratoire de Météorologie Dynamique - Institut Pierre et Simon Laplace
Principaux intervenants
Date de début / Durée
2007 sur une durée de 3 ans