Sommeil : vers une prévention 2.0

Une approche pour améliorer la qualité de son sommeil grâce à un suivi régulier et personnalisé de ses rythmes et de ses besoins.

insomnie2.jpg

Créé le 26/11/2020

Convention en cours de signature

Plus de 30% des personnes déclarent des troubles du sommeil. La crise sanitaire actuelle, notamment le confinement et le télétravail ont accentué considérablement ces troubles du sommeil. Il s’agit donc d’un problème largement répandu mais souvent sous-estimé dans la population alors qu’il existe une abondante littérature qui fournit des conseils et des préconisations. 

Une première recherche financée par la Fondation MAIF a montré que la population n’était pas à la recherche de “recettes toutes faites” mais qu’elle était en attente de connaissances et de conseils s’appuyant des données scientifiques et qu’elle ne se suffisait pas d’une simple mesure systématique du sommeil sans accompagnement.

Le temps dédié au sommeil est sans cesse grignoté

Une enquête récente (Baromètre de la santé publique France, 2019) a montré que la durée moyenne du sommeil de la population française est descendue pour la première fois sous la barre des 7h (6h42 en moyenne). Une enquête menée en 2018 par l’institut national du Sommeil et de la Vigilance montre que les jeunes français ne dorment qu’en moyenne 7h17 en semaine et qu’un jeune sur 5 ne dort que 5h par nuit. Or, la communauté scientifique s’accorde sur le fait que le besoin de sommeil de la majorité de la population adulte se situe entre 7h et 9h (National Sleep Foundation, 2015). Les besoins de sommeil des adolescents sont, quant à eux, de l’ordre de 8 à 10h.

Et les effets secondaires de ces privations se multiplient

Cette « épidémie de manque de sommeil » est observée à une échelle internationale. Les privations de sommeil ont des effets reconnus sur les performances cognitives, la sécurité et les comportements agressifs et violents. Des recherches ont mis en évidence que la privation de sommeil produisait des effets équivalents à la consommation d’alcool. La réduction du temps de sommeil s’accumule progressivement sous la forme d’une dette de sommeil. Après 24h cumulées de privation de sommeil, les effets sont comparables à ceux d’une concentration sanguine d’alcool de 1g. Lorsqu’elles sont répétées, ces privations de sommeil ont des conséquences potentiellement sérieuses sur notre santé et notre espérance de vie.

Au-delà des effets directs de la privation de sommeil sur la sécurité et la santé, il a été identifié que le manque de sommeil impacte négativement l’activité cognitive et d’apprentissage ainsi que les performances scolaires. Il a également été démontré que le manque de sommeil produisait une augmentation des comportements à risques notamment ceux associés à la conduite automobile ou à la prise d’alcool.

Reprendre en main objectivement son sommeil

L’ambition de ce projet est de développer une application permettant de suivre régulièrement le sommeil de ses utilisateurs, de leur fournir des accès à un contenu scientifique compréhensible ainsi que des conseils personnalisés.

Pour vérifier que cette application induit des changements chez les utilisateurs, mesurables et objectivables, le projet organisera un suivi longitudinal sur 6 mois de deux populations de 30 personnes, l’une utilisant l’application et l’autre pas.

Le protocole expérimental consiste à recueillir les données subjectives sur le sommeil des individus, sur leur journée quotidienne et leurs activités, en « poussant » des questionnaires et agenda de sommeil. Ce sera le support d’une partie des données récoltées. De manière parallèle, l’application contiendra un volet « coaching » et apport de solutions issues des connaissances scientifiques et en lien avec les rythmes biologiques de l’utilisateur. Il s’agira alors de mesurer l’usage de cette application (fréquence, abandon, détournement d’usage…) et son efficacité sur le sommeil avec des données subjectives et des données de mesures objectives du sommeil. Il s’agira de fournir la “preuve objective” de l’intérêt de l’application sur la modification des attitudes et des comportements des personnes suivies.

Améliorer la connaissance entre manque de sommeil et conduites à risques

Tous ces résultats sur la description au long cours du sommeil des participants permettront d’évaluer les habitudes et les dettes de sommeil et de les analyser : il s’agit d’une part de les quantifier au plus juste et également d’en trouver les explications.

Le projet a pour objectif un progrès en matière de connaissances scientifiques sur la façon dont les individus dorment et dans quelle mesure les dégradations de sommeil ont des impacts concrets sur les conduites à risque. L’une des retombées de ce projet concerne notamment la prévention de l’hypovigilance au volant.


Code du projet

SCOP2

Organismes de recherche et partenaires

LaPEA (Laboratoire de psychologie et d'ergonomie appliquée) , Université de Paris

Ergo-Centre

Principaux intervenants

Philippe CABON, LaPEA

Samuel AUPETIT, Ergo-Centre

Date de début / Durée

15 mois / Novembre 2020

A voir aussi