Les casques protègent-ils bien la tête ? La réponse en étoiles

Plus de cinquante casques de moto et vélo ont été testés sur un nouveau banc d’essai qui simule de manière plus réaliste les risques de blessure pour le cerveau

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Tout est parti du laboratoire ICube de l'Université de Strasbourg.

Experts dans la modélisation numérique des blessures à la tête, les chercheurs y ont montré que le cerveau des motocyclistes et des cyclistes pâtit avant tout des chocs obliques qui provoquent une mise en rotation de la tête. I

Ils ont donc conçu pour tester les casques un banc d’essai permettant de reproduire ce type de choc puis de simuler la réponse mécanique du cerveau.

Une révolution quand on sait que les actuels tests d’homologation ne prennent en compte que les chocs orthogonaux ou verticaux.

Pètes au casque à répétition

L’idée d’Icube était d’effectuer des mesures plus réalistes que celles prises en compte par la norme actuelle.

A la fois en élargissant le panel des chocs et en quantifiant la gravité du risque de blessure.

Ils se sont appuyés sur le constat que les lésions apparaissent la tête est mise en rotation au moment du choc.

Leur banc d’essai comprend donc une enclume inclinée qui provoque cette mise en rotation quand on fait tomber le casque dessus.

Sur ce nouveau banc, le laboratoire a ainsi testé 54 modèles de casques : 32 pour les vélos et 22 pour les motos.

A raison de 18 impacts pour chaque modèle (à des angles et vitesses d’impact différents), ils ont pu dresser un palmarès des casques présentant le meilleur niveau de protection.

Calcul d’étoiles, en ligne début 2019

L’enjeu de cette batterie de tests était d’évaluer, pour une chute donnée, le risque de commotion cérébrale.

Et de situer chaque casque sur cette courbe afin d’en mesurer l’efficacité protectrice.

Pour obtenir 5 étoiles, la note maximale, le casque ne doit pas dépasser 20 % sur la courbe des risques.

Aujourd’hui, c’est le cas d’un seul casque pour vélo. Pour les motos, le meilleur casque atteint 3 étoiles.

Les résultats des essais comparatifs seront publiés début 2019 sur un site internet dédié.

Le site présentera le classement des casques tout en expliquant la méthode de test.

Le classement ne prendra pas en compte, dans un premier temps, les paramètres de confort, isolation phonique, champ de vision, aération, hydrodynamique...

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Le prix n’est pas un critère

Les casques sont aujourd’hui construits pour être homologués selon une norme qui est obsolète.

Non seulement parce qu’elle ne prend pas en compte les types de chocs les plus dangereux, mais aussi parce qu’elle s’appuie sur des standards inadaptés.

Par exemple des critères de blessure très basiques ou l’obligation d’un matériau qui tienne à – 20°C.

L’objectif est donc de faire évoluer cette norme. Dans ce domaine, les changements sont très lents car ils nécessitent un large consensus.

Alors en attendant, il s’agit de donner aux fabricants les outils pour améliorer la conception de leurs produits.

Et bien sûr de conseiller au mieux l’utilisateur de deux roues, pour qu’il puisse choisir son casque en connaissance de cause.

Car aujourd’hui, bien que tous les casques soient homologués et protègent, il existe entre eux de très grandes différences d’efficacité lors des chutes.

Et le prix n’est pas un critère.

L’une des révélations de l’étude est que les casques qui protègent le mieux sont loin d’être les plus chers.

Et réciproquement.

Code du projet

EuroNCasque

Organismes de recherche et partenaires

UNISTRA (Université de Strasbourg)  - Laboratoire des sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie (Laboratoire Icube) 
2 rue BOUSSINGAULT - 67000 Strasbourg

Principaux intervenants

Responsable du projet : Professeur Rémy WILLINGER
remy.willinger@unistra.fr 

Date de début / Durée

2014 - 2018

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