Les traumatismes crâniens sont plus graves en cas de choc tangentiel sur le crâne. Choc fréquent en moto et à vélo mais non intégré dans les tests actuels des casques.

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Aujourd'hui les bancs d’essai ne permettent que de reproduire les seuls chocs orthogonaux ou verticaux pour homologuer un casque. Le laboratoire ICube de l'Université de Strasbourg a pu mettre au point un nouveau banc d’essai pour mesurer les accélérations/décélérations rotatoire de la tête lors des chocs obliques qui sont de loin les plus fréquents dans les accidents de moto ou de cycliste.


Modélisation numérique du choc à la tête

Dans le but de chiffrer les conditions d’impact de la tête du motocycliste et du cycliste, des accidents réels ont été reproduits numériquement avec une vigilance particulière sur le déplacement de la victime tout au long du choc.

La simulation de la cinématique de victimes réelles, même si elle montre évidemment une grande variabilité des résultats, révèle de façon indiscutable que la composante tangentielle de la vitesse d’impact de la tête est non négligeable. La forte sensibilité de la tête humaine à l’accélération rotatoire induite par cette composante tangentielle impose que le casque intègre une protection efficace.




Conception d’un nouveau banc d’essai

La simulation de ces cas d’accident a permis d’évaluer une valeur moyenne de la vitesse d'impact (8.5 m/s pour le motocycliste et 6.0 m/s pour le cycliste) ainsi que de l'angle d'impact du casque sur les obstacles. Deux paramètres essentiels dans la conception d’un banc d’essai dans lequel on fait tomber des casques sur une enclume inclinée.

Dans la littérature spécialisée différentes options sont proposées :

 - un angle de 60°, le casque glisse le long de l’enclume et la sollicitation tangentielle du casque est minime ;

- un angle à 30°, le casque est essentiellement sollicité sous compression, or un test de compression sous impact linéaire (composante tangentielle nulle) existe déjà dans les protocoles ;

- un angle à 45°, le chargement tangentiel du casque est optimal.

C’est de toute évidence cette dernière valeur qui est à retenir.

A partir de ces constats, un nouveau banc d’essai a été mis au point par les équipes de l’Université de Strasbourg. Il a subi avec succès tous les tests de reproductibilité.


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Collaborer avec les acteurs industriels

Pour que les motards et les cyclistes puissent bénéficier de ces avancées scientifiques, elles doivent recevoir l’assentiment des institutions de recherche et des fabricants de casque nationaux et internationaux. Les nombreux contacts établis ont généré suffisamment d’intérêt et de curiosité pour envisager une proposition d’évolution pour l’harmonisation des essais consuméristes. Par ailleurs des solutions de protection contre le choc oblique émergent actuellement sur le marché. Pour autant, la route vers une généralisation est encore longue.

Le projet prévoit la création d’un site Internet d’information sur les essais comparatifs prévus dans le cadre de ce projet.


Code du projet

EuroNCasque

Organismes de recherche et partenaires

UNISTRA (Université de Strasbourg)  - Laboratoire des sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie (Laboratoire Icube) 
2 rue BOUSSINGAULT - 67000 Strasbourg

Principaux intervenants

Responsable du projet : Professeur Rémy WILLINGER
remy.willinger@unistra.fr 

Date de début / Durée

2014 sur une durée de 36 mois

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