Dans les voitures, le téléphone est désormais roi. Couteau suisse et compagnon de voyage, il tend à supplanter tous les accessoires à bord : GPS, lecteur de musique…

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Le smartphone nous suit partout y compris au volant. Le besoin d'immédiateté induit l'envie irrépressible de répondre à toutes les sollicitations : appels, sms, réseaux sociaux. Et certains n'hésitent pas à prendre un petit selfie sur la route !

L'interdiction absolue et permanente reste peu crédible. Alors chacun doit se responsabiliser et trouver ses propres solutions. 

Le téléphone couteau suisse

« Des centaines d’études dans le monde ont déjà montré que l’utilisation au volant d’objets connectés altère la conduite, déclare Marie-Pierre Bruyas, responsable du projet à l’IFSTTAR. Le téléphone qui tombe, qu’on cherche dans un sac, une conversation prenante… sont autant de facteurs de déconcentration, donc de risque. Notre étude n’a donc pas pour but d’évaluer l’impact de l’utilisation de ces objets par les conducteurs. Mais plutôt de faire un état des lieux sur ce que font les automobilistes de leur téléphone au volant. »

Sur les 2843 conducteurs interrogés en ligne pour l’étude (représentatifs de la population française), 38 % utilisent le téléphone au volant. Il leur sert toujours avant tout à téléphoner. Et, juste après, à lire ou envoyer des SMS. Viennent ensuite les fonctions GPS (plébiscitées car gratuites, fiables et mises à jour automatiquement) et l’écoute de musique. Enfin la navigation sur internet, la prise de photo et la consultation des réseaux sociaux. Autant de fonctions qui nécessitent une manipulation du clavier, donc constituent une source de déconcentration et, potentiellement, d’accident.

Un effet de génération plus que d’âge

Le projet a regardé si ces usages étaient différents selon les âges et selon que le conducteur était un professionnel (roulant au moins 15000 kilomètres par an, dont la moitié pour le travail). L’effet pro est net. Quand on passe sa vie au volant, on a tendance à y utiliser le téléphone comme à la maison, notamment pour envoyer des e-mails et prendre des photos. L’effet âge, en revanche, est moins marqué. Certes les jeunes (18-34 ans) se déclarent plus à l’aise dans la manipulation du clavier, ce qui les conduit à l’utiliser dans toutes les circonstances. Mais la tranche des 35-44 ans n’a pas grand-chose à leur envier pour l’envoi de SMS, la prise de photos et la pratique des réseaux sociaux. Une fois initiés, les nouveaux usages du téléphone perdurent malgré l’âge.

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Commandes vocales et kit main libre : à promouvoir, mais avec discernement

Pour résoudre le problème des manipulations de clavier, les dispositifs de commandes vocales semblent adaptés. Qu’ils soient intégrés au téléphone ou au véhicule. Mais attention, le port des kits mains libres aux oreillettes est sanctionné depuis 2015 de 135 euros d’amendes et d’un retrait de trois points de permis. Or les kits avec haut parleur sont, quant à eux, parfaitement légaux. Sans pour autant que cela incite les conducteurs à utiliser davantage le téléphone au volant. La limite est sans doute là. 


Code du projet

TSICA

Organismes de recherche et partenaires

IFSTTAR – TS2 – LESCOT (Laboratoire Ergonomie et Sciences Cognitives pour les Transports)

25 avenue de François Mitterrand Case 24, Cité des Mobilités 69675 BRON CEDEX

Principaux intervenants

Responsable du projet : Marie-Pierre BRUYAS
Contact : marie-pierre.bruyas@ifsttar.fr

Date de début / Durée

2014 sur une durée de 18 mois

Documents à disposition

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