Et si on pouvait prévenir les accidents de voiture !

Les habitudes et les comportements de conduite permettent-ils d'expliquer le risque automobile ?

MEDOC2.jpg

Dis-moi comment tu conduis et j’évaluerai tes risques d’incidents !

Si l’on peut identifier certaines situations de conduite accidentogènes et dresser une typologie d’incidents, la prédiction automatique des incidents n’est pas encore à l’ordre du jour.

Quand il y a incident, sur la route, on se demande toujours ce qui l’a provoqué : quel enchaînement de circonstances, de comportements. Une équipe de chercheurs de l’IFSTTAR  s’est penchée sur la question. L’objectif était de voir s’il était possible d’évaluer la probabilité des incidents et donc de les prévenir. Mais aussi de renseigner les automobilistes sur les facteurs de risque et, pourquoi pas, de concevoir des dispositifs d’aide à la conduite plus intelligents qui diffuseraient des messages d’alerte dans les moments précédant l’incident.

Données automatiques et incidents rapportés 

L’expérience a été réalisée auprès de 154 volontaires anonymes pendant près de 3 ans, essentiellement en région parisienne. Durant deux mois, chaque conducteur a embarqué dans son véhicule un boîtier qui enregistrait toutes ses données de conduite : freinages brusques, accélérations, coups de volant…

A ces données automatiques, se sont ajoutées les informations fournies par le conducteur. Il devait appuyer sur un bouton poussoir lié au boitier chaque fois qu’il pensait avoir vécu un incident de conduite et remplir différentes fiches. Une fiche par incident, schéma à l’appui, décrivant le problème et la façon de le gérer. Mais aussi une fiche hebdomadaire et une autre à la fin des deux mois. Le tout devait dessiner une « signature de conduite » : nombre d’implications dans des accidents de la route durant les trois dernières années, nombre de points de permis perdus, le nombre de kilomètres effectué par an au volant, façon d’exprimer la colère en conduisant, etc.

S’auto-évaluer et s’amender au volant

A l'issue de l'étude, les chercheurs ont mis en évidence un lien entre l'occurrence d'un freinage brusque et la survenue de certains incidents. Par ailleurs, une fréquence élevée de freinages brusques semble associée à certaines typologies d'automobilistes. Néanmoins, il est encore extrêmement difficile d’établir un lien clair entre les données de conduite et l’occurrence des accidents. Certes, certains facteurs augmentent le niveau de risque d’un automobiliste : jeune âge, sous-estimation de son propre risque d’être impliqué dans un accident, dépassement des limitations de vitesse, sensibilité à la distraction, survenue d’un événement stressant avant de prendre le volant ou pendant la conduite. Mais pour mieux cerner les comportements réellement risqués, et arriver à prédire la survenue d’un incident, il faudrait introduire des données de contexte : météo, type et localisation de la route, densité du trafic, manœuvre(s) du ou des véhicule(s). Ces données de contexte pourraient être renseignées de manière systématique par exemple à l'aide d'une caméra embarquée.

Restitution d'un profil conducteur à partir des données issues du boîtier télématique

medoc3.jpg

Néanmoins l’étude est fructueuse puisqu’elle débouche sur une connaissance plus fine du comportement des automobilistes et peut ainsi rendre plus intelligents les systèmes embarqués d’assistance à la conduite. De même, elle ouvre la possibilité de restituer aux conducteurs leurs données de conduite, ce qui leur permettrait de s’auto-évaluer et donc de s’amender au volant.

Enfin, la seule présence d’un boîtier enregistreur dans le véhicule reste un facteur déterminant pour inciter l’automobiliste à la prudence.


Code du projet

MEDOC

Organismes de recherche et partenaires

LPC (Laboratoire de Psychologie des Comportements et des Mobilités) - IFSTTAR
LIVIC (Laboratoire Interactions Véhicules-Infrastructures-Conducteurs) - IFSTTAR

Partenariats de recherche scientifiques et techniques
ETS (Ecole de Technologie Supérieure, Université de Québec)

Principaux intervenants

Patricia DELHOMME
Guillaume SAINT PIERRE

Date de début / Durée

2014 sur une durée de 28 mois

Documents à disposition

A voir aussi