En France, 23 jeunes sont tués sur la route chaque semaine. Or, l’alcool serait en cause dans 30 à 50 % des accidents mortels de circulation chez les jeunes adultes.

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La plupart des campagnes de prévention contre l’abus d’alcool au volant se fondent sur une même hypothèse.

Elles montrent des conduites dangereuses, partant du principe que la personne qui regarde le film va s’identifier au personnage et, de ce fait, modifier son comportement. 

Questionner les présupposés des campagnes de prévention

En cherchant à mieux appréhender les mécanismes d’identification des jeunes face à un pair, le projet montre que les campagnes de prévention gagneraient considérablement en impact si elles mettaient en scène des jeunes conducteurs prudents, et pas l’inverse. C’est-à-dire des conducteurs qui ne boivent pas ou ne prennent pas le volant après avoir bu.

Les jeunes ne s’identifient pas aux conducteurs imprudents

Les chercheurs ont projeté à des jeunes trois vidéos de prévention présentant trois attitudes distinctes. Un jeune qui prend le volant après avoir bu. Un jeune qui s’abstient de boire avant de conduire. Un jeune qui boit et décide de ne pas prendre le volant. L’étude montre que les jeunes ne s’identifient pas à quelqu’un qui se comporte mal ou imprudemment. Et comme l’identification ne se produit pas, la prise de conscience et le changement de comportement non plus.

Le manque de sommeil : un facteur aggravant

Le projet a aussi constitué trois groupes en fonction de leur rapport au sommeil : l’un de sujets n’ayant aucun problème de sommeil, l’autre d’insomniaques, le troisième de jeunes se privant volontairement de sommeil pour mener d’autres activités. Conclusion : la privation, volontaire ou non, de sommeil rend réfractaire aux informations de comparaison sociale. En revanche, les personnes présentant un sommeil normal sont plus facilement influencées par des modèles de comportement prudent que par des modèles de comportement imprudent. Autrement dit : dans tous les cas, mieux vaut, pour une campagne de prévention efficace, montrer des comportements exemplaires.  

Un effet pervers des campagnes : banaliser la consommation d’alcool

Un effet indésirable des campagnes de prévention est apparu. Les jeunes comprennent que consommer de l’alcool n’est un problème que si on prend ensuite le volant. Ainsi l’abus d’alcool serait-il quasiment banalisé, voire excusé dès lors que l’on ne conduit pas. Il est donc nécessaire de peaufiner encore les messages des campagnes de prévention pour éviter ce type de contre-message subliminal. 

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Code du projet

Organismes de recherche et partenaires

Faculté de Psychologie de Strasbourg 

Principaux intervenants

Responsable de l'équipe de recherche : Patricia Tassi, Professeur des Universités à la Faculté de Psychologie de Strasbourg
Dr Sarah Schimchowitsch, chargé de recherche au CNRS
Dr Florence Spitzenstetter, Maître de Conférence à l'Université de

Date de début / Durée

2012 sur une durée de 36 mois

Documents à disposition

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