L’économie comportementale réussira-t-elle à convaincre les adolescents de mettre leur ceinture de sécurité dans les transports scolaires ?

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Alors que chez les de moins de 10 ans, quasiment tous enfants transportés dans un cadre scolaire mettent la ceinture de sécurité, notamment lié à la présence généralement d’un accompagnant, le taux de port de la ceinture tombe à 28,9% chez les 10-14 ans et à 4,6% chez les 15-19 ans. Avec des conséquences dramatiques en cas d’accident. 

Le bus scolaire : un condensé de sociologie de groupe

Le car scolaire est un environnement social particulier, où la pression sociale des plus grands, qui considèrent le port de la ceinture comme « ringard » ou une « contrainte» joue fortement sur le comportement des plus petits. De plus, le port de la ceinture est de la responsabilité même des passagers pour les véhicules de plus de 9 places. Autant d’éléments qui conduisent au non-port de la ceinture de sécurité, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et de prévention.

La prise de décision n’est pas toujours rationnelle

Nous savons que nombre de nos décisions sont « instinctives » mais nous n’avons pas réellement conscience de ce qui les déclenche. Daniel Kahneman, un des pères fondateurs des théories sur l’économie comportementale, explique que notre cerveau est doté de deux systèmes pour prendre des décisions :

• le système 1, rapide, intuitif, une sorte de « pilote automatique ». Il nous fait saliver devant une belle glace ou nous fait penser au chiffre 4 devant l’opération « 2+2 » ;

• le système 2, plus lent, rationnel et analytique, auquel nous faisons appel de manière consciente quand il faut résoudre un problème complexe. Par exemple, pour calculer « 25 x 37 ».

Notre système 1 s’active bien plus fréquemment que nous le pensons et oriente nos choix, souvent bien malgré nous. Notre cerveau utilise des « biais » ou « raccourcis mentaux » pour traiter l’information à laquelle il est confronté. Dans ce cadre, les perceptions peuvent être plus fortes que la réalité.

Le nudge pour mettre sa ceinture sans contrainte

En application des principes de l’économie comportementale, le projet se propose de créer des nudges, littéralement « coup de pouce », pour placer les adolescents dans un contexte de choix qui les incite à adopter les bons comportements, sans les contraindre.

Le nudge ou comment aider à passer de l’intention (celle de ne pas mettre sa vie et celle des autres en danger) à l’action (mettre sa ceinture de sécurité) en tenant compte de nos émotions, des autres et de notre environnement.


Code du projet

Organismes de recherche et partenaires

L’Association NAtionale pour les Transports Educatifs de l'Enseignement Public (ANATEEP)
Le Groupe KEOLIS,
Le Groupe BVA (unité NUDGE)

Principaux intervenants

Christophe TREBOSC (ANATEEP), Thierry GUIGNARD (KEOLIS), Etienne BRESSOUD (BVA), 

Date de début / Durée

2017 pour une durée de 12 mois