Déclencher le clic dans les cars scolaires, l’effet positif des nudges

Les nudges Incitent les ados à mettre leur ceinture de sécurité dans les cars scolaires. Des résultats très positifs : le taux de port est multiplié par 2,4.

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L’idée de BVA, société de conseil experte en sciences de la décision, était d’amener les adolescents à changer de comportement face à la ceinture, et ce grâce à des nudges. Autrement dit des moyens suggestifs, par opposition à des instructions explicites et contraignantes. Avec le soutien de Keolis* et de l’Anateep*, très impliqués dans le projet, BVA a ainsi conçu et testé cinq nudges qui se sont avérés très efficaces pour déclencher le clic attendu. Fort de ces résultats, Keolis prévoit d’équiper une vingtaine de cars.

Où il y a de la gêne, il y a la ceinture

Le Malassi, par exemple, est l’un de ces nudges. Cet objet bien nommé est un fourreau rectangulaire en mousse que l’on place sur le siège de façon à ce que l’adolescent ait à l’ôter avant de s’assoir. Le Malassi est lui-même relié à la ceinture préalablement sortie de l’enrouleur. Ce qui amène le jeune à manipuler la ceinture et, on l’espère, à la mettre dans la foulée. Le présupposé, ici, est que si l’on ne porte pas la ceinture dans les cars, c’est notamment parce qu’on n’y pense pas puisqu’on ne la voit pas. Contrairement aux avions, où les ceintures ventrales sont bien visibles sur les sièges, celles des cars, ventrales aussi mais à enrouleur, passent inaperçues.

Un car n’est pas invulnérable 

Deuxième stratégie : faire prendre conscience aux jeunes qu’un car est vulnérable sur la route. Peut-être moins qu’une voiture mais plus qu’un semi-remorque. Et que donc la ceinture n’est pas superflue.

Le nudge conçu à cet effet est une affiche placée sur les vitres du véhicule. Elle montre la proportion d’un car par rapport aux géants qui sillonnent les voies rapides et est assortie d’un slogan : « Dans le car, sans ceinture, un blessé tous les trois jours ». Un argument lui aussi étudié pour faire tilt. Un blessé par jour marque plus que 100 blessés par an, formule plus impersonnelle.

Un effet durable, des combinaisons gagnantes 

Housses mannequins sur les sièges, stickers au sol rappelant les étapes d’installation (« le bip, le paf et le clic »), mais aussi message vocal déclenché par le chauffeur au démarrage : au total cinq nudges ont été testés par combinaisons de deux ou trois. Toutes les combinaisons fonctionnent. Avec un taux d’efficacité égal sur les filles et les garçons mais plus fort chez les plus jeunes (jusqu’à la 4ème). Par ailleurs l’effet nudge est durable, il dépasse le simple effet de nouveauté. C’est ce dont attestent les testeurs qui ont emprunté le même car durant une semaine avant l’installation des nudges et une semaine après. Les nudges font passer en moyenne le taux de port de la ceinture de 10 à 24 %. Et cela tous les jours.


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Dernier frein : la pression sociale

Méconnaissance du danger, invisibilité de la ceinture ne sont pas les seules raisons pouvant expliquer le faible taux de port chez les adolescents (28,9% chez les 10-14 ans et 4,6% chez les 15-19 ans). La pression sociale, notamment, est un facteur majeur. Les plus grands considèrent généralement le port de la ceinture comme « ringard » et ce frein là est le plus difficile à lever. L’idéal serait de renverser la vapeur : que le « clic » devienne tendance. BVA a déjà un nudge sous le coude à cet effet mais sa mise en œuvre nécessite le concours de l’Education Nationale. A suivre, donc.


Code du projet

Organismes de recherche et partenaires

L’Association Nationale pour les Transports Educatifs de l'Enseignement Public (ANATEEP)
Le Groupe KEOLIS,
Le Groupe BVA (unité NUDGE)

Principaux intervenants

Christophe TREBOSC (ANATEEP), Thierry GUINARD (KEOLIS), Etienne BRESSOUD (BVA), 

Date de début / Durée

2017 pour une durée de 12 mois