Pratiquer la moto sur circuit : facteur de risque ou de sécurité ? Les motards adeptes de circuits fermés de vitesse, font-ils n’importe quoi sur la route ?

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Au terme d’une longue étude menée par l’IFSTTAR, la réponse est plutôt non. Du moins pour les hommes de 18 à 25 ans pratiquant régulièrement les circuits.

Ce serait même l’inverse : ces jeunes qui assouvissent leur passion de la vitesse dans des enceintes sécurisées semblent adopter sur route une conduite plus apaisée et moins agressive.


Une approche sociale et cognitive de l’évaluation du risque routier

L’IFSTTAR s’est intéressé en particulier aux jeunes motocyclistes de profil sportif, âgés de 18 à 25 ans. Parmi eux, plusieurs groupes ont été identifiés : les pratiquants réguliers du circuit, les pratiquants occasionnels, et les non pratiquants qui souhaiteraient faire du circuit. L’objectif était d’évaluer leur conscience du risque, du point de vue cognitif et social. Il s’agissait de s’intéresser à leur capacité à détecter un risque sur la route et à l’évaluer. Autrement dit à estimer la criticité d’une situation. Et d’autre part, de les questionner sur leurs représentations concernant le risque et la prise de risque à moto et la façon dont tout cela influence leurs attitudes et comportements de conduite. Cette segmentation des choses a permis d’obtenir des résultats nuancés.

Plusieurs effets positifs de la pratique régulière du circuit

Comparativement aux deux autres groupes de jeunes motocyclistes, les pratiquants réguliers du circuit semblent être plus prudents sur route. C’est parmi eux que l’on trouve le plus bas taux de conduite à risque (pratiques « arsouilles »), ou de courses sauvages sur route ouverte. Ils commettent moins d’infractions. Enfin, ils n’ont pas tendance à surestimer leurs capacités et manifestent une meilleure maîtrise émotionnelle, notamment de leur agressivité à l’égard des autres usagers de la route.

Des effets plus nuancés en cas de pratique occasionnelle

Par rapport aux pratiquants réguliers du circuit, les pratiquants plus occasionnels tendent à commettre plus d’infractions sur la route. On peut donc faire l’hypothèse qu’un encadrement structuré et structurant de la pratique sportive de la moto a un impact positif sur la conduite sur route (même si cette hypothèse n’a pas été testée directement dans l’étude). Du point de vue de la sécurité routière, cela tendrait plutôt à militer pour une pratique sportive, régulière et encadrée de la moto, plutôt que pour le simple fait de rouler occasionnellement sur un circuit. 

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Code du projet

PROMOSECUR

Organismes de recherche et partenaires

IFSTTAR (Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l'Aménagement et des Réseaux)
L'ESCOT (Laboratoire d'Ergonomie et de Sciences Cognitives pour les Transports).

Partenaire scientifique et technique
En étroite collaboration avec le CEREMA Ouest.

Principaux intervenants

Thierry BELLET, Chargé de Recherche
En collaboration avec Chloé EYSSARTIER (Chargée de Recherche au CETE de l'Ouest).
En partenariat avec Aurélie BANET (Psychologue indépendante spécialisée en sécurité routière).

Date de début / Durée

2014 sur une durée de 24 mois

Documents à disposition

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