Reprise en main d’un véhicule autonome

Les véhicules modernes vont progressivement assister le conducteur et lui permettre de réaliser d’autres tâches. Quelles sont les procédures de reprise en main ?

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Les procédures de reprise en main doivent être considérées comme des périodes particulièrement critiques ou le niveau de sécurité dépend de la performance combinée de l’humain et du système d’automatisation. Il apparait alors fondamental de s’intéresser de plus près à cette transition et aux risques liés aux facteurs humains pour ne pas perdre le bénéfice de l’ensemble des gains induits par l’automatisation

La course à la voiture autonome

De nombreux constructeurs automobiles et entreprises high-tech se sont lancés dans une course fulgurante à l’automatisation visant à remplacer progressivement la conduite humaine par des logiciels de conduite. Aujourd’hui, Google, Tesla, Lexus, Audi, Mercedes, mais aussi les groupes PSA et Renault en France, dirigent leurs recherches afin de proposer à leurs clients des innovations technologiques surprenantes qui présagent à terme une véritable révolution des mœurs de conduite. D'une aide limitée au pilotage (comme implémentées dans les voitures récentes avec les limiteurs ou régulateurs intelligents de vitesse, l’aide au parking automatique, le freinage d’urgence et le Traffic Jam Control) à l'automatisation totale des véhicules (i.e. ne nécessitant plus l’implication active d’un conducteur), l’automatisation se caractérise aujourd’hui par une série de fonctions destinées à rendre la conduite plus confortable, plus économique et surtout plus sécuritaire.

Qui commande à bord du véhicule ?

Cependant, bien que trop souvent considérée au seul regard des défis de la robotique, cette transition vers l’automatisation soulève aussi des questions extrêmement importantes liées aux facteurs humains et notamment au changement de statut de l’opérateur (de conducteur à passager, ou de passager à conducteur).

En donnant toujours plus de contrôle à la machine plutôt qu’à l’opérateur, l'automatisation peut accentuer plutôt qu'éliminer les problèmes liés à l'opérateur humain. Ainsi, la baisse de la charge de travail de l’opérateur humain induite par le passage d’acteur direct à superviseur, peut s’accompagner d’un désengagement du sujet se traduisant par une dégradation de la conscience de la situation, sortant le conducteur de la boucle de commande). Pour éviter cela, il convient de s’assurer que l’état de l’opérateur engagé dans un processus d’automatisation coïncide parfaitement avec les tâches qui lui incombent. Il convient également d’établir des procédures permettant un retour rapide dans la boucle de commande, si nécessaire.


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Modélisation de la performance de conduite lors de la reprise en main

Le projet va approfondir les risques lors de la reprise en main pendant une tâche d’évitement d’obstacle (prévisible ou non) principalement sur simulateur de conduite nécessitant la prise de contrôle soudaine (non planifiée) du véhicule par le conducteur, après des phases plus ou moins longues de conduite autonome, dans des contextes variés (activités annexes), et en fonction de l’état du conducteur prédit par un réseau de neurones. La performance sera évaluée en termes de temps et de dynamique de réaction, d’action sur les commandes, de trajectométrie du véhicule, et aussi grâce aux données physiologiques et oculométriques enregistrées pendant la conduite.


Code du projet

Organismes de recherche et partenaires

CNRS et Aix-Marseille Université (AMU), UMR 7287 CNRS & Aix-Marseille Université Faculté des Sciences du Sport, CP 910 av. de Luminy F-13288 Marseille cedex 09

Principaux intervenants

Jean-Louis Vercher (DR CNRS) est spécialiste de Neurosciences Cognitives. Il est le chargé de mission au CNRS pour ce secteur.

Date de début / Durée

2018 pour une durée de 24 mois

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