Piéton augmenté ou objet roulant non-identifié ?

Hoverboard, gyroskate, segway, trottinette électrique - les engins de déplacement personnel (EDP) sont de plus en plus nombreux en ville où le risque d’accident est élevé

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Sortes de piétons augmentés, les engins de déplacement personnel, possèdent des caractéristiques de mouvement proches mais pas identiques à ceux des vélos.

En revanche, ils ne peuvent pas être regroupés avec une autre catégorie d’usagers de la route et pour l’instant leur usage n’est pas réglementé.

Rouler sur le trottoir met en danger les piétons.

Rouler sur la chaussée est également périlleux car leur présence est difficilement détectable par les véhicules. 

Ce projet propose d’améliorer les connaissances des facteurs de risque de ces engins pour la protection et la sécurité de tous.

Les nouveaux moyens de déplacement

Les habitants des grandes villes recherchent des solutions de transport sur courtes distances, rapides, économes, pratiques et non-polluantes.

Plus rapide que la marche à pied, le vélo manque de places de stationnement sécurisées, encombre les transports en commun et nécessite des efforts physiques pour le conduire.

Les EDP¹ répondent directement aux défis que le vélo et la marche à pied ne réussissent pas à relever : ils sont rapides, légers, compacts et nécessitent un effort physique minimal.

Cette micro-mobilité est en pleine expansion, mais elle reste largement mal connue en tant qu’objet et vis-à-vis du risque qu’elle peut engendrer.

Modéliser pour améliorer la connaissance

Le projet aspire à apporter des nouvelles connaissances qui établiront les profils des usagers d’EDP, existants ou futurs et à leur associer un niveau de risque d’accident.

A l’heure actuelle, aucun logiciel de simulation du trafic urbain n’existe pour étudier leurs mouvements et leurs flux.

Le projet permettra la reconstitution des trajectoires et les interactions avec l’environnement urbain en utilisant des capteurs innovants « embarqués » sur les téléphones portables des usagers.

Elisabeth Borne : Nous allons créer une nouvelle catégorie de véhicule dans le code de la route. Ces engins pourront circuler sur les pistes, les bandes cyclables mais pas sur les trottoirs.

Les 4 axes du projet :

  • Effectuer une recherche sur les pratiques à l’international concernant les EDP et établir un répertoire des catégories des engins avec un classement selon leur dangerosité ;
  • Etablir un profil statistique des usagers des EDP en France ;
  • Observer les caractéristiques de mouvement des EDP (profil de vitesse, avec les autres usagers de la route, choix d’itinéraire et d’infrastructure et ce, par type de véhicule) ;
  • Développer un simulateur de mouvements des EDP pouvant être intégré à des simulateurs du trafic existants et utilisé à des fins d’estimation de risque.

Le terrain principal de la recherche sera le territoire francilien avec un focus particulier sur le contexte dense de Paris intra-muros ainsi que sur les campus universitaires où l’usage des EDP est important.

Et la suite… ?

Les résultats de l’étude serviront à alimenter la réflexion sur les droits et les devoirs des EDP dans la ville ou sur les conditions et infrastructures nécessaires à leur circulation.

Pour le grand public, un jeu vidéo du type « serious game » sera développé pour sensibiliser aux risques de façon ludique.

L’équipe de recherche prévoit également une journée portes ouvertes sur le campus de Paris Descartes pour rassembler et entamer un dialogue entre les professionnels de la micromobilité, les présents et futurs EDP et, bien sûr, le grand public.

Les engins achetés dans le cadre du projet seront mis à disposition des visiteurs pour effectuer des parcours ludiques.

¹Engin de déplacement personnel, également connu en tant qu’objet roulant non-identifié/ORNI


Code du projet

ORNISIM

Organismes de recherche et partenaires

IFSTTAR Laboratoire Génie des Réseaux de Transport Terrestres et Informatique Avancée (GRETTIA)

Université de Patras laboratoire des transports et de l'ingénierie du trafic (TESS)

Principaux intervenants

Zoi Christoforou, Consultante, maître des conférences, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées

Régine SEIDOWSKY, Directrice adjointe du COSYS/GRETTIA

Yorgos J. STEPHANEDES, Professeur à l’Université de PATRAS

Date de début / Durée

SEPTEMBRE 2018, 24 mois

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