Sur les traces de nos données personnelles

Comment naviguer sur Internet en étant à la fois connu et inconnu ?

avatars numériques

Crée le 25/03/20, modifié le 04/09/20

La numérisation de nos vies n’est plus une question, c’est une évidence, à tel point que les personnes qui ne disposent pas des moyens adéquats restent sur le bord du chemin d’une certaine forme de « modernité sociale ».

Internet, le smartphone, les objets connectés nous relient au vaste monde, pour le meilleur et pour le pire.


Nous naviguons en permanence et en continu sur le Net au travers d’alter ego numériques construits à partir de nos données personnelles. Nous utilisons un ensemble de services (sites, applications, moteurs de recherche, serveurs) offrant une indéniable valeur ajoutée et pourtant gratuits pour la plupart.

Ce miracle économique n’est qu’apparent. Prenons seulement les valorisations boursières des entreprises numériques pour nous en convaincre. Pour obtenir des services, il faut payer, et la monnaie d’échange ce sont nos données personnelles qui décrivent nos vies numériques. Prises individuellement, ces données ne représentent qu’une faible valeur mais rassemblées et rendues « intelligentes » par l’utilisation d’algorithmes sophistiqués, elles symbolisent le nouvel or noir du XXIème siècle.

« Les deux tiers des données stockées sont des informations concernant les humains. Un quart d’entre elles sont d’ailleurs détenues par Google. » Pierre Peladeau, associé du cabinet de conseil PwC Strategy 

Vous connaître pour mieux vous cibler 

Tous les moyens sont bons pour capter des informations qui vous concernent, qui vous décrivent et qui peuvent ensuite être revendues à toutes les entreprises qui cherchent à vous connaître. C’est le principe de la publicité ciblée qui inonde le web d’aujourd’hui.

Ce qui précède n’est pas réellement une découverte, chacun en a une conscience exacerbée ou superficielle en fonction de ses connaissances et de sa sensibilité. De nombreux faits d’actualités viennent illustrer ces propos : vols de données, intrusions de hackers, utilisations frauduleuses, manipulations idéologiques et politiques, etc. La législation européenne, au travers de la mise en place du RGPD, tente de réguler ce marché et de protéger les consommateurs, sans y parvenir entièrement. L’inquiétude grandit chez les citoyens tandis que parades et protections restent peu connues et complexes à mettre en œuvre.

En effet, près de la moitié des Français interrogés (47%) craignent de se faire pirater leurs données, 42% redoutent de ne pas maîtriser l’utilisation de leurs données et enfin 33% ne supporteraient pas d’avoir le sentiment d’être écoutés en permanence.  

Le projet PY (Protect Yourself) porté par l’entreprise Rochelaise PANGA développe une solution pour se prémunir des risques numériques et pour favoriser une utilisation sécurisée et anonymisée sur Internet.

En partant d’une idée simple : générer des avatars numériques qui cachent et protègent vos données personnelles. C’est un peu comme un masque que vous portez lors d’un bal costumé. 

Illustration :

schéma de protection des données personnelles sur internet

Mais quelles sont ces données personnelles que nous éparpillons sur la toile, qui composent notre identité numérique et que nous aurions intérêt à protéger ? Prenons une catégorisation trouvée sur wikipédia :

  • les coordonnées (comment et où me joindre) ;
  • les certificats qui permettent d'authentifier un utilisateur de manière certaine ;
  • l'expression (ce que je dis) ;
  • les avis (ce que j'apprécie) ;
  • les hobbies (ce qui me passionne) ;
  • la connaissance (ce que je sais) ;
  • l'audience (qui je connais) ;
  • la consommation (ce que j'achète) ;
  • la réputation (ce qui est dit sur moi) ;
  • la profession (ce que je fais) ;
  • la publication (ce que je partage).

La richesse et la variété de ces informations démontrent l’étendue du problème. Une rapide introspection sur nos usages quotidiens des ressources numériques qualifie notre degré de vulnérabilité et de dépendance. Et nos agissements ont des répercussions indélébiles sur nos proches. 1500 avant 5 ans : c’est le nombre alarmant de publications de photos d’enfants par leurs parents sur les réseaux selon certaines études.

Quelles solutions ? Comment se protéger sans sacrifier nos habitudes ?

Une partie de la solution consiste à :

1. disposer d’une cartographie qualitative des sites internet ou je choisirai mon masque numérique en fonction de sa catégorie et sa réputation du site d’accueil ;

2. délivrer des informations authentiques lorsqu’elles deviennent nécessaires pour assurer mes transactions (ex. coordonnées pour le site des impôts).

Pour l’aider à résoudre ces difficultés, PANGA travaille avec la société MyDataBall, spécialisée en intelligence artificielle, afin de catégoriser et qualifier les sites Internet .

Le projet PY a entamé la construction d’une interface pour que l’utilisateur soit guidé dans ses choix sans qu’il soit besoin de développer une grande expertise technique tout en évitant des dysfonctionnements dans la navigation internet.

Actuellement en cours de développement, la solution PY n'est pas encore disponible à la vente auprès du grand public. Si vous souhaitez être informé d’une future commercialisation, n’hésitez pas à suivre Panga sur Facebook ou Twitter. Vous pouvez également suivre les informations en vous abonnant à leur newsletter

Découvrez l'interview avec Patrick Simon, directeur technique et co-fondateur de l'entreprise Panga, ainsi que la vidéo de démonstration de PY au début de cet article.

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