Un point d’étape sur le projet SCOP qui étudie les objets connectés pour mesurer, voire améliorer, son sommeil.

Soucieux de notre bien-être, nous sommes de plus en plus nombreux à nous procurer des traqueurs de sommeil afin d’analyser notre temps passé dans les bras de Morphée.

Mais quel est l’usage réel de ces systèmes : effet de mode, gadget, intérêt et risques sur le long terme ? Et cet usage, est-il proche ou éloigné de l’idée initiale de ses concepteurs ?

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Après une étude technique de l’ensemble des objets connectés présents sur le marché, l’équipe du Professeur Cabon, de l’Université Paris Descartes, en a sélectionné six. Représentatifs de la diversité des capteurs du sommeil (respiration, mouvements, battements cardiaques, température, volume sonore), ces objets ont été testés par 30 volontaires. Leur mission : prendre en main les objets, les utiliser au quotidien et remplir des questionnaires : agenda du sommeil (tous les jours), avis et commentaire sur l’objet (ergonomie, appréciation des fonctionnalités, …).

Points importants : il s’agissait d’une première expérience de sommeil connecté pour les testeurs et la durée du test était fixée à une semaine ; c’est court et suffisant à la fois pour objectiver son ressenti.

Que nous disent les utilisateurs ?

Les objets connectés améliorent la connaissance du sommeil en général et de son propre sommeil en particulier. Les personnes apprécient les systèmes qui programment le réveil dans une phase qui évite l’inertie du sommeil.

« Oui j’ai amélioré mon sommeil. Je ne sais pas si je le dois au dispositif, mais j’ai vraiment trouvé un rythme de 23h à 6h et du coup mes soirées sont plus longues car j’avais tendance à me coucher avant 23h. »

« Je ne suis pas persuadé de l’utilité de la fonction suivi de sommeil, mais j’ai trouvé le réveil intelligent vraiment top »

Les données et courbes du sommeil fournies par les applications apportent une information nouvelle mais sont difficiles à interprétés et ne sont pas associées à des conseils personnalisés. Les utilisateurs se sentent un peu démunis face aux constats.

 « Le problème de cette application est qu’elle n’est pas assez scientifique et elle est donc vu comme un gadget La limite c’est qu’on ne peut rien faire avec les résultats qu’on obtient par l’application, il n’y a pas d’interprétation de ces résultats, il nous laisse tout seul ! »

Pour les plus anxieux, cela peut conduire à des prises de rendez-vous avec le médecin. Pour les plus engagés, ils peuvent rechercher la performance et le sommeil idéal sans avoir véritablement le moyen de l’atteindre.

« Une nuit j’ai dormi ailleurs que dans mon lit et je me suis dit mince je vais mal dormir et le dispositif va m'enregistrer une mauvaise nuit et il va me faire une critique et me dire que le sommeil était pas réparateur… »

 « Je veux absolument être au dessus de 80 sur 100… je sais pas trop ce que ça représente et comment ça se calcul mais je fais confiance au dispositif, ça doit être que je dors mieux si je me rapproche de 100. On m’a dit que plus de 80 c’était bien ! »

Pendant la durée du test, on constate un allongement du temps déclaré de sommeil ainsi que du temps d’endormissement.

Ces observations devront être confrontées à des expériences plus longues et c’est justement l’objectif de la prochaine phase du projet : recueillir des témoignages de personnes ayant fait le choix d’utiliser ces objets sur une longue période.

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