Faut-il faire entrer les réseaux sociaux à l’école ?

Un dilemme pour les enseignants

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Les enseignants qui débutent dans le métier ont une perception paradoxale de leurs usages numériques : d’un côté, ils ont le sentiment d’avoir un niveau d’expertise élevé sur internet et y passent en moyenne 2 heures au quotidien, notamment pour consulter leurs réseaux sociaux ; de l’autre, ils se disent inquiets face à leur mission d’éducation au/par le numérique et excluent pour la plupart l’usage d’internet, et en particulier des réseaux sociaux avec leurs élèves.

 C’est ce qui ressort de l’enquête en cours du projet eRISK, réalisée dans les académies de Bordeaux et de Créteil auprès des nouveaux enseignants.

Cette perception des risques pour les élèves, plutôt d’ordre psycho-social, peut constituer une piste pour comprendre pourquoi les nouveaux enseignants sont réticents à l’usage des réseaux sociaux en classe.

L’usage des réseaux sociaux à l’école suscite le débat. Certains établissements scolaires font le choix de bloquer systématiquement leur accès sur les postes informatiques. Cependant, on observe de plus en plus d’enseignants qui recourent aux réseaux sociaux dans le cadre de leurs enseignements, pour familiariser les élèves à ces espaces publics et les sensibiliser aux codes de bonne conduite. Ces enseignants y voient une nouvelle mission pour l’école et une responsabilité qui leur revient.

Cependant, le principe de responsabilité engagé ne permet pas de justifier l’absence de formation des élèves qui paraît d’autant plus nécessaire. D’après notre enquête, 53% de ces nouveaux enseignants déclarent ne pas avoir reçu de formation particulière sur les usages du numérique en classe, alors que ce domaine fait partie du référentiel de compétences professionnelles des enseignants depuis 2013.

Ces pistes de résultats sont issues de la première phase du projet eRISK, soutenu par la fondation Maif et porté par l’équipe RUDII (Représentation, Usages, Développements et Ingénierie de l’Information) du laboratoire IMS UMR 5218 CNRS à l’Université de Bordeaux. 

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