Des voitures vraiment autonomes ?

Si les annonces promettant des voitures autonomes en 2020 s’enchaînent, ces promesses seront-elles réellement tenues ?

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Il faudrait plutôt parler de voitures avec des phases de conduites déléguées supervisées. Le vocabulaire « voiture autonome » entraîne aujourd’hui confusions, incompréhensions et un excès de confiance sur la route.

En effet, un véhicule, peut-il être considéré comme autonome si un conducteur s’avère nécessaire à tout moment pour reprendre le volant en cas de défaillance du système ?

Les recherches de la Fondation MAIF le confirment, la voiture 100% autonome n’est pas pour demain. Certes, l’introduction des voitures à conduite déléguée va réduire le nombre d’accidents mortels sur nos routes. Mais malheureusement les accidents récents montrent que la supervision reste indispensable, comme l’atteste le triste exemple de l’accident mortel survenu entre l’Uber autonome et une piétonne à Tempe, Arizona.

Marc Rigolot, directeur de la Fondation MAIF, décrit dans le magazine « Préventique » l’émergence des nouveaux risques associés à ces véhicules .

Voitures autonomes : est-ce le terme exact ?

Dans les pays anglo-saxons, on parle bien de voitures « driverless » ou encore de voitures « self-driving », mais en réalité on est loin des véhicules sans conducteur. Et qu’en est-il concernant la question de l’autonomie ?

Aujourd’hui, pour certains véhicules, la mode « autonome » ne fonctionne que sur des sections de routes à faibles incertitudes telles que les autoroutes ou les 4 voies. De plus, le conducteur doit manifester sa supervision en agissant sur le volant à intervalles réguliers. Même si les aides à la conduite progressent vite et que les systèmes de freinage automatique, de régulateur adaptatif de la vitesse, de maintien sur la voie ou d’assistance au parking fonctionnent de mieux en mieux, on est encore très loin de l’autonomie totale. La présence du conducteur est encore nécessaire, et la voiture reste toujours sous sa responsabilité.

Dans ce contexte, comment informer les conducteurs de leurs obligations, au volant de ces véhicules ? Certains s’auto-informent avant leur acquisition, d’autres sont informés au moment de l’achat. Chez le concessionnaire de véhicules dits « autonomes », quel est le niveau d’information offert au consommateur ? Faut-il imaginer des formations spécifiques ? Et comment évolueront les responsabilités en cas d’accident, lorsque l’automate est en fonction. Si le conducteur est aujourd’hui le responsable, qu’en sera-t-il demain ? Affaire à suivre de près.


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