Becape Vision : Adoptez une bonne conduite

Autonomie : prise de conscience des capacités visuelles de conduite pour plus de sécurité au volant

Femme assises qui teste ses capacités visuelles au volant

Fidèle à sa mission d’intérêt général, la Fondation MAIF a soutenu le projet BECAPE Vision, qui entre désormais dans sa phase de lancement.

Initialement destiné à tester les capacités de conduite automobile de personnes en situation de réadaptation fonctionnelle ou de handicap permanent, BECAPE mesure également aujourd’hui les aptitudes visuelles.

Rencontre avec Jean-Marc Truffet, Chargé de communication à la Fondation MAIF, mais aussi avec Julien Adrian, du laboratoire de recherche partenaire Street Lab, et de Benjamin Malafosse, Directeur général du CEREMH (Centre de Ressources et d’Innovation Mobilité Handicap).

Acte d’intégration sociale par nature, la conduite peut représenter un danger pour les populations vieillissantes. De plus, elles acceptent très difficilement de lâcher définitivement le volant. “Il s’agit de leur faire prendre conscience de leurs difficultés ou de leurs limites. Les tests visuels installés sur Becape Vision viennent en complément des tests existants sur les capacités musculaires, réflexives et cognitives. Désormais, il s’adresse à toute personne en perte de motricité ou d’acuité visuelle, dont les personnes âgées.” explique Jean-Marc Truffet. ”Notre premier objectif est exclusivement informatif. Il ne s’agit pas de priver brutalement les gens de leur permis de conduire, mais plutôt de les mettre en garde contre les dangers qui les guettent ou qu’ils peuvent provoquer. Nous souhaitons que les personnes prennent appui sur leur entourage et/ou leur médecin pour leur permettre de rester autonome en conduisant le plus longtemps possible… de la manière la plus sécurisée ».

Top départ pour l’expérimentation

Le CEREMH, association loi 1901, travaille sur les problématiques de mobilité des personnes en situation de handicap. En collaboration avec le Laboratoire d’Ingénierie des Systèmes de Versailles (LISV), rattaché à l’Université de Versailles Saint-Quentin, le CEREMH a conçu les deux générations de bancs. “Ce projet a nécessité plus de huit ans de travail. Le plus important était d’avoir une analyse des besoins complète pour produire un banc d’évaluation répondant aux attentes des personnes en charges de l’évaluation à la conduite”, se souvient Benjamin Malafosse. “Nous avons intégré ces tests visuels, c’est-à-dire adapté le logiciel, et équipé le banc d’un écran tactile pour permettre la réalisation des tests cognitifs”, poursuit le chercheur.

Une ergonomie optimisée

“ Nous avons dû intégrer des détails suffisamment fins évaluant la vision pour développer les tests les plus pertinents afin d’analyser les capacités visuelles de la personne. Puis, nous avons validé ces tests sur un panel de personnes présentant des déficiences visuelles”, poursuit Julien Adrian. A l’issue du test, une première tendance émerge, communiquée à la personne sous forme de conseil : “Soyez vigilant”, “Très bien !” ou “Prenez contact avec un professionnel de santé”. Les résultats détaillés lui sont communiqués par mail et servent de base à une consultation chez un spécialiste.

Aujourd’hui, l’heure est au déploiement de l’opération. “Nous avons prêté trois bancs à des centres de rééducation et de réadaptation franciliens. Nous attendons le retour des ergothérapeutes en octobre, pour procéder à des ajustements éventuels et lancer la mise à disposition du banc BECAPE au niveau national” conclut Benjamin Malafosse.

Par Stéphanie BUITEKANT


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