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GARB - Gestion de l'anxiété de re-blessure : un risque accidentologique

L'essentiel en une page
Articles nos-projets Fondation MAIF

Tous les ans surviennent 11 millions d’accidents de la vie courante, dont 910 000 accidents sportifs. Presque 1 accident sportif sur 3 concerne les 15 – 25 ans. Dans 1 cas sur 3 une prise en charge médicale est nécessaire.
Le projet de recherche vise à modéliser et mesurer l'anxiété de re-blessure (ARB) pendant les phases de rééducation et de retour aux activités sportives pour qu’elle soit plus efficace. Il s’agit de savoir si l’anxiété de reblessure est normale, excessive ou sous-développée, de façon à réajuster le comportement des personnes après un accident : ni téméraire, ni timoré.

Rencontre avec l'équipe de recherche en images

Résultats et valorisations

Lors de la prise en charge médicale d’une personne blessée, il est important de ne pas seulement s’intéresser à la réparation physique du corps et considérer également son état psychologique, notamment vis-à-vis de l’anxiété de reblessure. Celle-ci fait partie de ces réactions psychologiques émotionnelles importantes et est souvent "grossièrement" définie comme des inquiétudes liées à la blessure lors du retour régulier aux activités physiques.

Plusieurs études en psychologie des blessures ont été réalisées auprès de sportifs de haut niveau. Pour cette population, ces études déduisent que l’anxiété de reblessure est néfaste pour le sportif car freinant sa rééducation, son retour aux activités et sa performance.

Cependant, en réfléchissant sur le caractère adaptatif de nos émotions, nous pouvons légitimement nous poser la question suivante : l’anxiété de reblessure n’a-t-elle pas, au même titre que la peur ou l’anxiété, une valeur adaptative et donc vertueuse, sur le court terme en empêchant une prise de risque trop importante et sur le long terme en empêchant une “dégradation physique“ plus rapide due aux blessures consécutives ?

Faut-il gérer les sportifs de haut niveau de la même manière que les "amateurs" ?

L’équipe du Laboratoire PSITEC a donc mené une recherche de modélisation de l’anxiété de reblessure auprès de deux cents patients sportifs et non sportifs pour voir si l’atténuer ou l’ignorer était vraiment une bonne idée.

Quels sont les principaux enseignements ?

  • L’inquiétude liée à la reblessure est plus présente dans le contexte de retour aux activités que dans le contexte de rééducation.
  • Plus nous sommes anxieux à l’idée de nous reblesser, moins nous prenons de risque et inversement. L’anxiété de reblessure implique moins de chances de se reblesser chez ceux dont le comportement est de diminuer ou d’adapter leur pratique sportive. Dans ce dernier cas de figure, l’anxiété de reblessure serait une « bonne chose ».
  • L’anxiété de reblessure se mesure au travers de tests explicites (questionnaires) et elle est très dépendante du moment de réalisation du test (avant, pendant ou après la blessure) et très variable selon les personnes.
  • De plus, il existe un décalage entre la mesure explicite (le rapport que la personne fait de ses comportements ou de ses pensées) et la mesure implicite (ce qui n’est pas directement maîtrisable par un individu ou dont il n’a pas conscience directement). Des personnes pourraient donc dire ouvertement qu’elles font attention durant et après leur convalescence alors qu’en réalité elles pensent ou elles agissent autrement, qu’elles soient sportives ou pas.

De tout cela, nous retirons que l’anxiété de reblessure a une réelle influence sur le comportement des patients et qu’elle agit le plus souvent de manière inconsciente.

La mesure implicite de l’anxiété de reblessure serait un excellent matériau pour le praticien pour accompagner son patient lors des phases de rééducation et de reprise d’activité en fonction de la gravité de la blessure, du niveau sportif du patient et de ses objectifs de performance.

En prolongement de cette recherche, la Fondation MAIF a le projet de faire développer une application qui permettrait une évaluation de la prise de risque en général et du caractère anxieux des personnes, pour en déduire des conseils personnalisés en fonction des résultats. 

                                        

Il est envisagé 3 types de valorisation :

  • sensibilisation des professionnels (chirurgiens en traumatologie et orthopédie, psychologues, kinéthérapeutes, médecins rééducateurs) au moyen de publications dans les revues scientifiques,
  • participation à 2 congrès,
  • réalisation d’une application disponible sur Internet qui permettra de calibrer l’appétence à la prise de risque d’une personne (casse-cou ou ultra prudent) ainsi que son niveau d’anxiété vis-à-vis d’une blessure.

Objectifs du projet

Deux objectifs étaient poursuivis :

  • le premier est de réaliser un inventaire permettant d'évaluer l'ARB des sportifs,
  • le second est d'étudier les relations entre ARB et prise de risques lors de la reprise des activités sportives, afin de voir s'il peut être légitime de considérer l'ARB dans une démarche adaptative.

Méthodes et Etapes

  • Etape 1 : juin 2012 - mars 2013 - Elaboration de l'inventaire d'anxiété de re-blessure. l'inventaire sera ensuite validé à l'aide de questionnaires.
  • Etape 2 : février - mars 2014 - Exploitation et traitement des données en vue de la validation de l'ARB.
  • Etape 3 : mars 2014 - juin 2015 - Etude des relations entre ARB et prise de risques.
  • Etape 4 : juin 2015 - mars 2016 - Exploitation et traitement des données - Rapport final.

Equipe de recherche

Responsable du projet : Stéphane RUSINEK, professeur des universités - Université de Lille 3 - Université de recherche Psychologie : Interactions Temps Emotions Cognition (PSITEC - EA 4072)

Début et durée de la recherche

2012 sur une durée de 30 mois 

Conférence et colloque scientifique "Les jeunes et le risque" du 02 octobre 2015

Documents à disposition

garb
PDF | 2834,247 Ko

garb-fondation-maif
PDF | 0 Ko

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