Bilan de la sécurité routière 2025 : les chiffres en augmentation

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Hausse de la mortalité, progression des accidents impliquant les usagers vulnérables, comportements à risque : que retenir du bilan ONISR* 2025 ?

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Créé le 14/10/26

En 2025, 3 263 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine. La France se trouve au 20e rang sur 27 des pays de l’Union européenne en termes de mortalité routière par rapport à la population. Alors que l’objectif européen vise à réduire de moitié le nombre de tués d’ici 2030, plusieurs indicateurs sont en hausse. 

Pourquoi le bilan 2025 est-il préoccupant ?

En France métropolitaine, 3 263 personnes ont été tuées sur les routes en 2025, 70 décès de plus qu’en 2024 (+ 2,2 %). Rapportée à la population, cela signifie que 49 personnes ont été tuées par million d’habitants, 6 de plus que la moyenne de l’Union européenne. 

Le nombre de blessés est estimé à 247 000, dont près de 16 800 blessés graves, tous deux en hausse par rapport à l’année précédente. Plus inquiétant encore, la mortalité routière est désormais légèrement supérieure à celle observée en 2019, année de référence avant la pandémie.

Les usagers vulnérables sont-ils toujours les plus exposés ?

Oui. Piétons, cyclistes, utilisateurs de trottinettes ou d’autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPm) partagent une caractéristique commune : leur protection est limitée en cas de collision. Le bilan montre que ces usagers à eux seuls représentent 25 % de la mortalité et 36 % des blessés graves. Si l’on ajoute les deux-roues motorisés, les usagers vulnérables concentrent 66 % des blessés graves recensés, et 46 % de la mortalité en France. Parmi eux : 

  • 579 motocyclistes tués (- 3 % en un an) ;
  • 503 piétons tués (+ 10 % en un an) ;
  • 235 cyclistes tués (+ 5 %) ;
  • 118 cyclomotoristes tués (- 4 %) ;
  • 79 utilisateurs d’EDPm tués, soit une hausse de plus de 75 % par rapport à 2024.

Dans un contexte de développement des mobilités actives, ces données soulignent l’importance de concevoir des espaces de circulation adaptés et de favoriser le partage de la route entre tous les usagers. Voir aussi l’article Sécurité routière : protéger les usagers vulnérables en hiver 

Quelles tranches d’âge sont les plus touchées ?

La mortalité routière progresse chez les plus jeunes. Le nombre d’enfants de 0 à 13 ans tués augmente de 26 % pour atteindre 58 décès. La hausse est encore plus marquée chez les adolescents de 14 à 17 ans, avec 133 tués (+41 %). Les jeunes adultes de 18 à 24 ans demeurent cependant la tranche d’âge la plus touchée rapportée à la population : avec 528 décès en 2025, ils représentent 16 % des personnes tuées, alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population.

Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent désormais près de 28 % de la mortalité routière. Le vieillissement démographique se traduit par une part plus importante des seniors parmi les victimes de la route. 

Où les accidents mortels surviennent-ils le plus souvent ? 

Contrairement aux idées reçues, la route reste plus dangereuse hors agglomération. En 2025 : 

  • 60 % des personnes tuées l’ont été sur les routes hors agglomération ;
  • 32 % en agglomération ; 
  • 8 % sur autoroute. 

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

Si les situations d’accident sont multiples, certaines causes demeurent récurrentes. La vitesse excessive ou inadaptée, la consommation d’alcool ou de stupéfiants, ainsi que l’inattention figurent parmi les principaux facteurs associés aux accidents mortels :

  • la vitesse excessive ou inadaptée est citée dans 29 % des cas ;
  • l’alcool dans 21 % ; 
  • l’inattention dans 13 % ;
  • •les stupéfiants dans 11 %.

Ces chiffres rappellent qu’au-delà des infrastructures ou des véhicules, la sécurité routière repose largement sur les comportements individuels. Adapter sa vitesse aux conditions de circulation, renoncer à prendre le volant après avoir consommé de l’alcool ou des drogues et lâcher le smartphone et les écrans pour rester attentif à son environnement sont des leviers nécessaires pour réduire le nombre d’accidents graves.

Découvrez le dernier baromètre de la Fondation MAIF sur les usages du smartphone au volant ! 

Quels enseignements retenir pour l’avenir ?

Le bilan 2025 confirme plusieurs tendances de fond : la vulnérabilité croissante des piétons et des cyclistes, la surexposition persistante des jeunes adultes, le poids des comportements à risque et l'importance des routes hors agglomération dans la mortalité routière. 

Le renforcement de la prévention, de la visibilité des usagers les plus fragiles et du partage de la route apparaît plus que jamais indispensable. Il est clair que la sécurité routière repose sur une responsabilité collective.

Sensibilisation, recherche, innovation, aménagement des espaces publics et adoption de comportements prudents sont autant de leviers complémentaires pour réduire les accidents et leurs conséquences. 

Mieux comprendre les risques constitue une première étape indispensable pour agir. C’est précisément l’ambition portée par les acteurs engagés dans la prévention : faire progresser les connaissances afin de construire des mobilités plus sûres, plus inclusives et plus protectrices pour tous les usagers.

*ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière)