Cette anxiété naturelle accompagne le patient pendant la phase de rééducation. Comment peut-on la mesurer ?

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Les chercheurs ont développé un modèle capable de mesurer l’anxiété de reblessure après un accident et l’impact de cette anxiété sur la prise de risque.

L’enjeu de la recherche est de pouvoir prendre en compte ce facteur pendant la phase de rééducation pour qu’elle soit plus efficace.


L’anxiété de reblessure : frein à surmonter ou garde-fou salvateur ?

Quand on s’est blessé une fois, il est parfois difficile de vaincre son appréhension et de revenir au sport. Parfois même, la peur de se faire mal nuit à une bonne rééducation. Inversement, certains ne ressentent aucune anxiété de ce genre, ce qui pourrait les conduire à adopter des comportements imprudents.

L’idée n’est donc pas de gommer l’anxiété. Mais bien de la mesurer pour la réguler, si nécessaire, et la faire prendre en compte par les professionnels de la santé. C’est à cette mesure que s’est consacrée une équipe du laboratoire Psitec. 

Un modèle pour mesurer l’anxiété

Les chercheurs ont mis au point un modèle pour mesurer l’anxiété de reblessure après accident corporel, à différents moments de la prise en charge. A partir de cette mesure, le modèle émet des alertes et conseils, selon l’âge, le niveau sportif, l’étape de la rééducation à laquelle en est le patient. Il prévient par exemple que le niveau d’anxiété est excessif par rapport au risque réel, ou trop faible et nécessitant d’apprendre à se freiner. A la clé, le patient ou le professionnel de santé saura ainsi s’il faut tempérer l’anxiété ou la favoriser, avec l’aide d’un spécialiste. 

La méthode : croiser les déclarations explicites et les réponses implicites 

L’intérêt du modèle est qu’il mesure l’anxiété à l’aide de deux types de tests. Un questionnaire, d’une part, grâce auquel l’intéressé exprime la perception qu’il a de son anxiété. Des mesures implicites, d’autre part, qui recueillent ce que dit son « inconscient ».

Il est fréquent bien sûr que l’on constate un écart entre les deux résultats. Quelqu’un qui se dit détendu, par exemple, et dont les réponses implicites montrent qu’il est en fait en proie à l’anxiété. C’est dans ces cas-là que les conseils sont nécessaires.

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Extension du modèle pour mesurer l’appétence au risque et l’anxiété

Les chercheurs ont réussi, à partir du modèle explicite/implicite, à créer une application pour smartphone : CASSE-COU. Elle mesure le niveau naturel d’anxiété ainsi que l’appétence au risque. Chacun peut se situer sur l’échelle de l’intrépidité et évaluer sa tendance à adopter ou à éviter un comportement dangereux. Objectif : apprendre à mieux se connaître par rapport au risque et adapter son comportement.


Code du projet

GARB

Organismes de recherche et partenaires

 Université de Lille 3 - Université de recherche Psychologie : Interactions Temps Emotions Cognition (PSITEC - EA 4072)

Principaux intervenants

Responsable du projet : Stéphane RUSINEK, professeur des universités -

Date de début / Durée

2012 sur une durée de 30 mois

Documents à disposition

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