Un nouveau souffle dans la relation aidants-aidés

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Avec l’application Actiduo, les aides à domicile peuvent proposer aux personnes âgées une gym douce et adaptée.

dame âgée avec une aidant

Créé le 18/11/22, modifiée le 04/02/26

Avec Actiduo, une nouvelle dynamique s’installe et tout le monde y gagne.

Faire bouger les doigts, les poignets, les chevilles, le cou. Mobiliser les orteils, travailler l’équilibre. L’idée du programme Capaidants est d’amener des personnes agées la plupart du temps statiques à entretenir leur mobilité, tout en douceur.



Elles sont accompagnées dans cette démarche par des auxiliaires de vie, que ce nouveau rôle motive et valorise. Le tout avec l’appui d’Actiduo, une application qui propose des exercices sur-mesure. Capaidants entend ainsi répondre à deux besoins cruciaux de la société : retarder la dépendance des plus vieux et rendre plus attractifs les métiers de l’aide à domicile.


Relation privilégiée et bonne humeur

La vraie trouvaille a été de solliciter, pour faire vivre ce projet, des professionnels de l’aide à domicile. Autrement dit des acteurs de proximité qui passent régulièrement chez les personnes âgées pour dispenser des services de base : ménage, toilette, cuisine.

Cette possibilité, pour les aidants, de proposer aussi à leurs bénéficiaires des activités physiques de prévention crée un lien nouveau avec eux, leur permet d’échanger, de développer une relation privilégiée. Ce qui bien sûr donne à leur travail une dimension plus gratifiante. D’autant que, d’après leurs témoignages, les séances de gym mettent les personnes âgées de bonne humeur !


Lien social et activité physique : le combo gagnant

Du côté des bénéficiaires, le bilan est également très positif. L’amélioration des capacités physiques entraîne mécaniquement un mieux être général. La relation qui s’instaure entre aidé et aidant rompt l’isolement social. Quant à la pratique régulière des exercices, elle renforce la confiance en soi et l’envie de bouger.

D’après un retour d’expérience sur une cinquantaine de bénéficiaires (d’une moyenne d’âge de 86 ans), ils ressentent du plaisir à ces activités et ça leur permet de se sentir mieux. Certains poursuivent même les exercices quand ils sont seuls, de manière autonome. Une vraie dynamique vertueuse.


150 exercices conçus par des professionnels

L’application Actiduo est disponible sur Android et il suffit pour s’en servir d’un smartphone ou d’une tablette. L’aidant renseigne le profil du bénéficiaire, sa forme physique, ses empêchements et appréhensions éventuels. Et l’algorithme propose un parcours d’activités adaptées.

Au total, l’application compile 150 exercices imaginés par des kinés ou psychomoriciens et testés par des personnes âgées. Des exercices qui se pratiquent en duo, comme le nom de l’application l’indique. De quoi puiser des idées pour tous les cas de figure. Elle est aussi enrichie et alimentée par les aidants eux-mêmes, pour gagner en simplicité d’usage et en ergonomie.


12 % de l’ascension du Mont Saint Michel

Cerise sur le gâteau, l’application convertit en défis sportifs l’effort effectué. Si le binôme aidant-aidé a fait plus de vingt activités dans la séance, par exemple, on lui annonce qu’il a réalisé l’équivalent de 12 % de l’ascension du Mont Saint-Michel. Au fil des séances, on avance dans le défi. Une fois l’objectif atteint à 100 %, un autre défi se débloque.

La traversée du viaduc de Millau, l’ascension de la Tour Eiffel, ou de la Dune du Pilat, ou de l’Everest… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les ambitions. Parfois, le bénéficiaire fait à peine 5 minutes d’exercices mais, par la discussion, résout avec l’aidant une situation qui le tracasse. Autre type de récompense, tout aussi gratifiante. C’est l’un des effets magiques du rapprochement autour d’Actiduo.




Des aidants équipés et formés

Bien sûr, animer ce type d’activité en duo nécessite d’être soi-même accompagné et outillé. Les aidants volontaires suivent donc une journée de formation durant laquelle ils s’entraînent en binôme à la pratique des activités. Cette journée leur permet aussi de mieux se représenter, grâce à un simulateur de vieillesse, les besoins des bénéficiaires. De ressentir dans leur propre corps les l’effets de l’âge.

Au-delà de la familiarisation avec l’application, les aidants apprennent à utiliser d’autres outils. Ballon, balle de tennis, elastique : ils repartent de la formation équipés, mais aussi rassurés et motivés. Leur montée en compétences va contribuer à entretenir l’autonomie des personnes âgées, qui pourront ainsi vivre plus longtemps chez elles dans de bonnes conditions.

A l’origine de Capaidants : 2 millions de chutes par an

Le programme Capaidants est parti d’un constat alarmant. En France,
2 millions de personnes âgées sont en situation de mort sociale : cercles familiaux et amicaux éloignés ou absents. Ce qui, la plupart du temps, débouche sur des problèmes physiques : moins de motivation à bouger, à sortir, peur de la chute.

Et naturellement c’est ce qui se passe. L’appréhension fait que l’on tombe effectivement. Chaque année on dénombre ainsi en France 2 millions de chutes chez les personnes âgées, qui conduisent à 130 000 hospitalisations et 10 000 décès. Un lourd bilan qui exigeait de réagir.


Des métiers d’avenir, mais en tension

Avec le vieillissement de la population, en France, les métiers de l’autonomie vont être les plus créateurs d’emploi dans les années à venir. Or le secteur médico-social est aujourd’hui déserté. L’absentéisme et le turn over y sont importants, les recrutements difficiles et les arrêts de travail trois fois supérieurs à la moyenne nationale de l’ensemble des secteurs d’activité.

En cause, le manque de reconnaissance, les rémunérations trop basses et les conditions de travail difficiles. En diversifiant l’activité des auxiliaires de vie et en l’auréolant d’un aspect plus gratifiant, Actiduo pourrait donc contribuer à changer la donne.

Aller plus loin dans le déploiement

Entre décembre 2024 et octobre 2025, 1537 séances ont été réalisées. Ce qui représente pour les aidés 20 minutes d’activité physique tous les 10 jours. Cela paraît encore bien peu. D’où l’importance de faire connaître la démarche à d’autres aidants, qu’ils soient professionnels ou bénévoles. Mais aussi à d’autres aidés, à tout le secteur des services à la personne et de l’accompagnement du grand âge.

Parmi les pistes évoquées par les chercheurs : lancer une expérimentation en Ehpad et proposer un test à différentes associations (Mona Lisa, Petit-fils, Ernesti…). L’idée est enfin, bien sûr, de sensibiliser également les aidants familiaux, pour qui l’application constituerait un soutien précieux. Reste à trouver le moyen de les toucher à large échelle. Alors, à vos réseaux sociaux !

Organismes de recherche et partenaires

Principaux intervenants

•    Nicolas Roumagne (Directeur) - ReSanté-vous

Date de début / Durée

2022 - 24 mois

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