Un outil innovant pour mieux se protéger des inondations - le jeu !

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Le jeu sérieux SIM-MANA valorise les solutions fondées sur la nature pour une meilleure protection des communes en zone inondable

Créé le 15/11/23

46 % des communes, soit l’équivalent de 17 millions d’habitants, sont aujourd’hui exposées au risque inondation.

Dans un contexte de dérèglement climatique, les inondations causent des pertes considérables chaque année en France. 

La Vita maquette en 3D du jeu SIM-MANA

Un jeu de co-construction pour diminuer les coûts liés aux inondations

Alors qu’elles ont déjà généré plus de 30 milliards d’euros de dommages économiques pour les assureurs en 30 ans(1), la Fondation MAIF et INRAE publient les résultats d’une recherche scientifique inédite réalisée dans le cadre d’un programme de recherche commun, MANA, dédié à la prévention des risques naturels. Ils ont mis au point un jeu sérieux de co-construction reposant sur les solutions fondées sur la nature (SFN) pour mieux se protéger des inondations, à destination de tous les acteurs des territoires.

Lancé en 2020, le projet MANA(2) avait un double objectif :

  • Valoriser les SFN comme alternative crédible et vertueuse auprès des collectivités et du grand public dans les programmes de protection contre les inondations selon trois dimensions : économique, environnementale et sociale.
  • Concevoir un outil numérique sur mesure en 3D – le jeu SIM-MANA – permettant de simuler et tester des scénarios d’inondations prenant en compte trois facteurs : physiques (hydraulique, résistance des ouvrages de protection…), mais aussi psychologiques (comportement des habitants, émotions…) et sociaux (échange d’informations, entre-aide…) pour aider les acteurs (techniciens, gestionnaires, décideurs, riverains) à la construction d’un projet commun et partagé envisageant de mobiliser les SFN (restauration de zones humides, végétalisation de structures urbaines…) comme solutions de protection efficaces face aux inondations par débordement (crue) ou par ruissellement (en zone urbaine).


Les solutions fondées sur la nature, un véritable atout pour protéger contre les inondations

Les résultats montrent que les SFN qui s’inspirent du fonctionnement naturel des écosystèmes se révèlent être un atout précieux dans les programmes de gestion des risques naturels, et notamment dans la protection des territoires et des personnes contre les inondations, offrant des avantages environnementaux, économiques et sociaux. Grâce au jeu SIM-MANA, transposable d’un territoire à l’autre, les acteurs peuvent modéliser et visualiser la fiabilité du projet imaginé ainsi que son impact sur les populations en termes de dégâts matériels ou humains et sur l’environnement. Ils sont ainsi sensibilisés concrètement aux avantages des SFN pour faire face aux risques d’inondation sur leurs communes.

Franck Taillandier, chercheur à INRAE et pilote du projet scientifique MANA :

« Le jeu Sim-MANA a été conçu comme un outil de discussion, d’échanges et de réflexion autour de la gestion du risque inondation par le recours aux SFN (végétalisation des espaces, fossés, zones humides, etc.). La simulation informatique sur laquelle repose le jeu permet d’évaluer les choix des joueurs et ainsi de les informer sur les avantages et inconvénients des différentes solutions. Le jeu a été testé lors de plusieurs ateliers, et notamment avec la municipalité de Marseille, et à chaque fois les retours ont été très concluants : il permet aux participants de mieux appréhender les SFN et de les motiver à y faire appel pour gérer ce risque. »

Les SFN, des alliés efficaces dans la lutte contre les risques naturels

Bien que de plus en plus de recherches(3) affirment que la nature pourrait jouer un rôle essentiel dans la prévention des catastrophes naturelles et particulièrement concernant le risque d’inondations, la mise en œuvre concrète des SFN soulève un double problème : la réception sociale et l’appropriation de ces mesures par les différents acteurs. Pourtant, il est avéré que les écosystèmes naturels tels que les marais, les forêts et les zones humides ont la capacité de retenir l’eau, réduisant ainsi la menace d’inondations. Les SFN inspirées directement du fonctionnement de ces écosystèmes (restitution des cours d’eau, renaturation de la ville, …) sont non seulement efficaces pour réduire les risques naturels, mais elles contribuent également à réduire l’impact du dérèglement climatique, protéger la biodiversité et améliorer la qualité de l’air et de l’eau.

Les avantages des SFN

  • Efficacité prouvée : Des études(4) ont montré que la restauration des écosystèmes naturels peut réduire considérablement les inondations et protéger notamment les communautés côtières.
  • Coût avantageux : Par rapport aux infrastructures traditionnelles (digue, barrage…), les SFN seraient souvent plus abordables à mettre en œuvre et nécessiteraient moins d'entretien à long terme .
  • Bénéfices environnementaux : La restauration des écosystèmes naturels contribue à la préservation de la biodiversité, à la régénération des sols et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
  • Intégration sociale : Ces solutions encouragent la participation communautaire et renforcent les liens sociaux en impliquant les parties prenantes (riverains, services techniques, décideurs…) dans leur mise en œuvre.


Marc Rigolot, directeur de la Fondation MAIF :

« Au regard de la multiplication des inondations et de l'augmentation de leur gravité, nous sommes de plus en plus engagés vers des outils et démarches de prévention. Il est temps de s'interroger sur la pertinence des solutions classiques qui modifient les territoires et consomment des ressources. Les SFN sont une alternative crédible et il faut s'en convaincre. C'est la mission du jeu SIM-MANA. 


extrait du jeu SIM-MANA

SIM-MANA, un jeu participatif en 3D de co-construction inédit

Le jeu SIM-MANA est un outil de simulation qui utilise une maquette 3D comme plateau de jeu permettant de visualiser et de modéliser de façon réaliste une inondation sur un territoire urbain précis (infrastructures de la commune, habitations…) tout en y associant son impact sur le comportement des habitants (émotions, relations sociales…).

L’objectif du jeu SIM-MANA : protéger, conjointement, la ville virtuelle de LA VITA des inondations en aménageant le territoire via différentes stratégies basées, entre autres, sur les SFN.

LE DÉROULEMENT DU JEU SIM-MANA

Le jeu se joue de 5 à 20 personnes et dure environ 1h 30. Seul ou par équipe (2 à 4 personnes), chacun se voit attribué un rôle parmi cinq possibilités correspondant à différents acteurs de la ville virtuelle LA VITA : équipe municipale, services techniques, commerçant, syndicat de l’environnement ou citoyen.

À chaque tour (jeu en 3 tours de 30 minutes), les participants élaborent des projets d’aménagement par renforcement de solutions existantes ou en création de nouvelles, plus naturelles et respectueuses de l’environnement et de la biodiversité, en prenant en compte différents indicateurs (contraintes budgétaires, intérêts politiques et économiques…) qu’ils défendent ensuite devant le Conseil municipal avec deux accords possibles : majorité ou consensus.

Une fois l’accord acté, la simulation de l’aménagement projetée sur la maquette permet de visualiser la fiabilité du projet ainsi que l’impact des actions sur les populations en termes de dégâts matériels ou humains. Les améliorations, si nécessaires, peuvent être apportées sur la maquette 3D en temps réel lors du tour suivant et les acteurs sont ainsi sensibilisés à l’intégration des SFN pour faire face aux risques d’inondation dans leurs communes.

Pour en savoir plus sur les résultats scientifiques, découvrez le projet de recherche, Les solutions fondées sur la nature pour éviter les inondations 

Un pas de plus ? Regardez la vidéo pour découvrir des règles du jeu SIM-MANA

(1)Source : France-Assureurs

(2)Le projet MANA - Modéliser pour augmenter l’acceptabilité des solutions fondées sur la nature (2020-2023) a été piloté scientifiquement par Franck Taillandier, chercheur à INRAE Aix-en-Provence au sein de l’UMR RECOVER et spécialisé sur les risques inondations.

(3)Par exemple : https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-981-99-2905-4_2

(4)Rapport de 2022 de l’UICN  


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