Les véhicules autonomes requièrent une délégation de la conduite du véhicule. Que se passe-t-il en cas de défaillance et si le conducteur doit reprendre le contrôle ?

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Des systèmes d’alerte existent déjà pour signaler au conducteur que le contrôle lui est rendu.

Mais aucune étude n’a encore mesuré l’aptitude des conducteurs à gérer une quantité croissante de signaux d’alerte ni vérifié s’ils sont capables de reprendre le contrôle en toute sécurité.

Une conduite à quatre mains

Il est important de comprendre que les systèmes de contrôle ne sont pas de simples ordinateurs programmés à l’aide d’algorithmes. Ces systèmes « apprennent » leur environnement et les « comportements » de conduite à adopter par essais et erreurs, sur la base de réseaux de neurones. Par conséquent, dans un premier temps, jusqu’à arriver à un taux d’erreurs négligeable et/ou significativement inférieur à celui des humains, la vigilance des conducteurs sera nécessairement requise pour pouvoir reprendre le contrôle en cas de situation non ou mal gérée par le véhicule.

Apparition de nouveaux risques

On imagine que les progrès techniques apportés par les voitures autonomes vont considérablement renforcer la sécurité de leurs conducteurs et des autres utilisateurs de la route. Mais ces véhicules vont devoir cohabiter avec des voitures « classiques » et de nombreux autres usagers de la route. On peut supposer que les conducteurs humains sont actuellement en capacité d’éviter des accidents grâce à leurs capacités cognitives et à leur vigilance au volant. En situation de délégation de conduite, c’est la voiture qui conduit. Quand elle sera en défaut, pourra-t-elle s’en apercevoir ? Pourra-t-elle redonner le contrôle ? En combien de temps ce passage de contrôle sera-t-il réalisé ?

De nouveaux risques vont immanquablement se présenter.

Modéliser des situations critiques

Le projet utilise un simulateur de conduite. L’unité de visualisation reproduit dans de très bonnes conditions de vision et sur 360°, un réseau routier ou autoroutier sous forme d’images de synthèse simulant les conditions diurnes, les conditions nocturnes ou les conditions de conduite dans le brouillard. 

Les expérimentateurs sont placés en situation de délégation de conduite pendant plusieurs dizaines de minutes avant que ne surgisse une défaillance du système selon deux situations : l’une qui met en jeu le régulateur de vitesse alors qu’un obstacle imprévu se présente et l’autre lors de laquelle la régulation de trajectoire fait défaut.

Ils doivent alors reprendre la main. Pendant toute cette phase critique et qui ne dure que quelques dizaines de secondes au maximum, des capteurs enregistrent toutes leurs réactions. Arrivent-ils à réagir à temps ?

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Cette étude apportera des enseignements capitaux pour améliorer la sécurité dans les nouveaux environnements de conduite apportés par les véhicules autonomes.        

Code du projet

Voiture autonome et contrôle humain

Organismes de recherche et partenaires

Centre d'Investigations Neurocognitives et Neurophysiologiques (C12N)
Université de Strasbourg Bât 7121 Rue Becquerel 67087 Strasbourg

En partenariat avec La Fondation Vinci Autoroutes

Principaux intervenants

Responsable du projet : André DUFOUR

Date de début / Durée

2016 sur une durée de 18 mois

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