Utilisation des techniques psychologiques et des neurosciences pour mesurer l'efficacité des campagnes de prévention

conduite-alcool-jeunes2.jpg

Nous avons tous l’habitude de voir les campagnes de prévention contre l’alcool au volant qui mettent en scène un jeune qui consomme de grandes quantités d’alcool avant de prendre le volant. Mais ce genre de campagne de prévention, est-il vraiment efficace ? 

L’équipe de recherche du laboratoire de Psychologie des Cognitions de l’Université de Strasbourg a rendu ses conclusions.

Il est primordial de connaître les réactions d’un public jeune lorsqu’il est confronté à une campagne de prévention. Comment s’identifie-t-il ? Suis-je comme lui, suis-je différent de lui ? 

Ces questions sont au cœur de la recherche menée par le laboratoire de Psychologie des Cognitions de l’Université de Strasbourg qui a imaginé trois scénarios différents : celui qui boit puis prend le volant, celui qui boit et qui ne prend pas le volant et celui qui ne boit pas du tout.

Les participants ont regardé ces 3 mises en scène et après chaque visionnage, ils étaient invités à réaliser divers tests d’auto-évaluation. L’équipe de recherche a ensuite analysé les réactions et les réponses des participants. Les résultats montrent que la majorité des participants ne s’identifie pas aux conducteurs qui boivent et prennent le volant. Sans cette identification, la prise de conscience et le changement de comportement deviennent difficiles, voire impossibles.

Les chercheurs ont également mesuré l’effet du manque de sommeil sur la perception des campagnes. Le manque de sommeil nous rend encore moins réceptif aux informations de comparaison sociale. En revanche, les participants ayant un taux de sommeil normal s’identifient plus facilement aux campagnes montrant un comportement prudent.

Pour résumer, pour rendre la prévention efficace, mieux vaut montrer un comportement exemplaire !

L’étude révèle aussi un constat inquiétant. L’alcool ne serait perçu comme étant un problème uniquement au volant et son abus serait quasiment banalisé en toute autre circonstance. Il faut donc veiller à ne pas envoyer ce type de message subliminal lors des futures campagnes de prévention !

L'objectif est de permettre aux campagnes de prévention destinées aux jeunes de remplir plus efficacement leur mission. Les résultats de cette recherche ont été présentés aux institutions et organisations susceptibles de prescrire et de conduire les campagnes de prévention. 

Plus d'informations sur cette recherche --> cliquez ici !