Les élèves, les nouveaux enseignants et le numérique

Bilan des enquêtes menées dans le cadre du projet « Risques numériques et l’école 2.0 » - Préconisations pour faire face à ces risques et leurs pratiques d’enseignement

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Frein ou Levier ?

Les perceptions des risques numériques auxquels les élèves peuvent être confrontés jouent un rôle incontestable sur les pratiques pédagogiques des enseignants.

Ces perceptions peuvent être un frein, ou au contraire, un levier chez les enseignants ayant une culture numérique et professionnelle développée.

L’hypothèse selon laquelle les jeunes enseignants seront plus à l’aise avec les enjeux et les usages du numérique du fait de la possibilité d’accéder à l’internet dès leur plus jeune âge est un leurre. 

Malgré un usage développé dans leur vie privée, ils ne disposent pas de culture numérique affirmée et sont très peu nombreux à former les élèves et à aborder le sujet en classe.

En revanche la représentation que certains de ces jeunes enseignants peuvent avoir d’eux-mêmes en tant que digital natives apparaît comme un levier.

Cela renforce leur sentiment d’efficacité et de proximité vis-à-vis la nouvelle génération.

Quels sont les risques les plus importants identifiés pour les élèves selon les enseignants ?

Les risques numériques qui inquiètent le plus grand nombre d’enseignants interrogés lors des enquêtes sont les risques informationnels et les risques psycho-sociaux.

Les risques informationnels concernent essentiellement les fausses informations qui circulent sur Internet et qui mettent en jeu les capacités des élèves à faire preuve de discernement pour évaluer une information sans se faire manipuler ou enrôler, y compris la manipulation politique.

Les risques psycho-sociaux font surtout référence au cyberharcèlement via les réseaux sociaux et aux mauvaises rencontres que les élèves peuvent faire sur l’Internet.

Existe-il des pratiques d’enseignement du numérique ?

Généralement, les pratiques d’éducation au et par le numérique restent encore sous-développées au regard des missions qui sont attribuées aux enseignants.

Les jeunes enseignants évoquent la complexité du système et leur sentiment d’impuissance par rapport à cette éducation, mais aussi des appréhensions ne leur permettant pas de dépasser la vision du risque pour passer à l’action.

Ils peuvent avoir le sentiment que le numérique génère des inégalités sociales, une baisse de la concentration, un manque de créativité, ou encore des pratiques illégales telle que le non-respect du droit à l’image de la part des élèves.

Si les risques numériques sont souvent abordés dans les médias, les enseignants ont le sentiment que peu d’informations s’offrent à eux pour les comprendre et pour y faire face.

Les informations qu’ils consultent, notamment issues de sites institutionnels semblent effectivement influencer leurs représentations de risques numériques, sans pour autant leur permettre de passer efficacement à l’action face à ces risques.

En même temps, les enseignants qui déclarent avoir reçu une formation et qui l’ont trouvée en redemandent.


Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon volontaire d’enseignants de l’enseignement primaire et secondaire dans leurs trois premières années d’exercice.

Sur la base de 3132 répondants, 724 correspondent précisément à des enseignants néo-titulaires dans les deux académies sondées.65% des répondants interviennent dans l’enseignement secondaire et 35% sont en poste dans l’enseignement primaire. 

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