Canicule, sécheresse et incendie : ce que la recherche avait vu venir

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Dès 2010, la Fondation MAIF alertait sur les risques climatiques. Aujourd’hui, la recherche aide les territoires à s’y adapter.

Mobilisation dans la rue pour sauver la planète et lutter contre le réchauffement climatique

Créé le 08/07/26

En 2010, bien avant la multiplication des mégafeux et la multiplication des maisons fissurées, la Fondation MAIF finançait des recherches précurseurs sur l'assèchement des sols et l’intensification des canicules. Seize ans plus tard, ces constats scientifiques alimentent des solutions de prévention concrètes pour protéger durablement nos territoires face aux crises climatiques actuelles.

Climat et sécheresse : quand la recherche fondamentale annonçait les risques d'aujourd'hui

Dès 2010, les recherches soutenues par la Fondation MAIF dressaient un constat préoccupant : sous l'effet du réchauffement climatique, les sécheresses et canicules devaient devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses

Parmi ces travaux figurait notamment le projet ClimSec, mené en partenariat avec Météo-France et le CNRS. La recherche a mis en évidence le rôle central de l'humidité des sols dans l'évolution des sécheresses en France. Ses conclusions ont démontré un mécanisme physique clé : 

  • Le cycle d'amplification : La baisse des ressources en eau ne s'explique pas uniquement par le manque de pluie.
  • L'impact des températures : La hausse du thermomètre accélère l'évaporation de l'eau présente dans la terre, ce qui accélère l'assèchement des sols profonds et modifie durablement le cycle hydrologique local.

La canicule ne constitue donc pas seulement un enjeu de santé publique. En accélérant l'évaporation de l'eau contenue dans les sols, elle alimente également la sécheresse, fragilise la végétation et accroît le risque d'incendie.

Relevant à l'époque de la prospective, ces conclusions se vérifient désormais chaque été sur une large partie du territoire national.


Un phénomène systémique derrière la multiplicité des risques climatiques

Lorsque les sols perdent leur humidité sous l'effet conjugué des fortes chaleurs et du manque de précipitations, les conséquences dépassent largement la seule problématique de la gestion de l'eau. Le risque climatique agit en cascade :

  • Inflammabilité : Une végétation stressée par le manque d'eau devient un combustible idéal.
  • Érosion : Les cours d'eau et leurs berges se fragilisent, perdant leur rôle de régulateur thermique.
  • Sinistralité du bâti : Les terrains argileux se rétractent massivement, provoquant des désordres structurels majeurs sur les habitations (phénomène de Retrait-Gonflement des Argiles ou RGA).
  • Perte de résilience : Les écosystèmes dégradés perdent leur capacité naturelle à amortir la chaleur (perte des îlots de fraîcheur).


Face aux risques : la recherche de la Fondation MAIF passe à l'action

En 2010, l'enjeu était surtout de comprendre. Aujourd'hui, il s'agit aussi d'agir. Les projets actuellement soutenus par la Fondation MAIF répondent directement aux conséquences identifiées il y a plus de quinze ans : incendies favorisés par la végétation desséchée, dégradation des milieux naturels, fragilisation du bâti ou évolution des comportements face au risque.


Risque incendie et vulnérabilité de l’habitat

Aménagement des zones interfaces habitat-forêt : Projet « Jardins et bâtiments résilients à l'incendie » 

Une haie mal choisie, un stockage de bois trop proche d’un mur…Ce sont les détails de jardin qui décident du sort d’une maison face aux flammes.

  • Problématique : Un simple jardin mal entretenu, des espèces végétales inadaptées voire du bois ou des matériaux de construction stockés trop près d’une habitation peuvent la rendre vulnérable en cas d’incendie
  • Solution : Ce projet étudie l'aménagement paysager, la résistance au feu de certaines essences végétales humides et définit les distances de sécurité optimales autour des logements pour limiter la propagation des flammes.

Extension géographique du risque : Projet « Méga-Feux » 

Le risque ne se limite plus aux régions historiquement concernées. Des sols plus secs étendent la menace à des territoires qui la connaissaient peu jusqu’ici.

  • Problématique : Sous l'effet de sols plus secs, la végétation s'assèche plus tôt et plus profondément, exposant des régions historiquement épargnées.
  • Solution : Les chercheurs analysent la résistance des constructions neuves, notamment celles qui intègrent des matériaux biosourcés, face à des incendies de forêt de forte intensité.


Prévention et leviers comportementaux

Obligations légales : Projet « Débroussaillement : les clés du passage à l'action »

C’est une des mesures de protection les plus efficaces contre la propagation d’un feu. Et pourtant elle reste trop peu appliquée par les particuliers.

  • Problématique : Le débroussaillement est l'une des mesures de protection les plus efficaces, mais reste trop peu appliqué par les particuliers.
  • Solution : Ce projet de recherche en sciences comportementales identifie les freins des propriétaires (coût perçu, charge physique, manque d’information réglementaire) afin de concevoir des outils de sensibilisation et d'incitation efficaces

Culture collective du risque : Projet « Résilience humaine et feu de forêt : protéger nos habitations »

Combien de foyers vivant en lisière de forêt connaissent réellement leur niveau d’exposition ? Et si la solution était le développement d’une culture collective du risque via une cartographie des risques à l’échelle de la maison ?

  • Problématique : Le manque d'évaluation objective du risque individuel en lisière de forêt freine la prévention.
  • Solution : Développement d'un outil numérique de cartographie des facteurs de risque en interface forêt-habitat (bâti, environnement, végétation). L'objectif est de déclencher des dynamiques de prévention à l'échelle du quartier entre voisins.


Restauration des écosystèmes et solutions fondées sur la nature

Préservation des cours d’eau : Projet : « GeniMed »

Une berge avec des arbres bien enracinés résiste mieux à la sécheresse et aux inondations. Elle protège mieux les habitations des chaleurs extrêmes.

  • Problématique : Une berge nue s'érode rapidement et résiste moins bien aux sécheresses hydrologiques répétées et surtout aux inondations.
  • Solution : Ce projet déploie des solutions de génie végétal en utilisant des espèces locales hautement résistantes au stress hydrique pour restaurer les berges. Ces aménagements réintroduisent des îlots de fraîcheur naturels bénéfiques aux riverains face aux vagues de chaleur urbaines et rurales.


Résilience des bâtiments face au RGA (retrait-gonflement des argiles)

Résistance des structures : Projet « Vulnérabilité des habitations maçonnées face aux tassements »

Sous nos pieds, la sécheresse agit en silence. Un mouvement de terrain invisible peut suffire à fissurer durablement une maison.

  • Problématique : Les mouvements invisibles du sol argileux (retrait en période de sécheresse, gonflement en période pluvieuse) créent des tensions extrêmes sur les fondations et provoquent des fissures graves.
  • Solution : Les scientifiques étudient l'apport de matériaux innovants et biosourcés capables d'améliorer la flexibilité et la résistance structurelle des habitations face aux mouvements différentiels de terrain.


Le coût du risque RGA en France (Retrait-Gonflement des Argiles)

3,5 milliards d'euros : le coût des sinistres liés au retrait-gonflement des argiles en 2022, un record, selon la Caisse centrale de réassurance (CCR).

61,5 % des maisons individuelles en France sont aujourd'hui exposées à ce risque, selon le ministère de la transition écologique.

43 milliards d'euros : le coût cumulé estimé de ce phénomène entre 2020 et 2050, contre 13,8 milliards sur les trente années précédentes, sous le seul effet du changement climatique, selon la CCR.


Questions fréquentes sur les risques climatiques

Pourquoi la sécheresse provoque-t-elle des fissures sur les maisons ?

Les sols argileux gonflent lorsqu'ils sont humides et se rétractent lorsqu'ils sèchent. Ces mouvements répétés exercent des contraintes sur les fondations et peuvent provoquer l'apparition de fissures sur les bâtiments.


Quel lien existe entre canicule et sécheresse ?

Les fortes chaleurs augmentent l'évaporation de l'eau contenue dans les sols. Des sols plus secs limitent ensuite le rafraîchissement naturel par évaporation et amplifient les effets de la canicule.


Quels sont les effets d’une sécheresse prolongée sur la végétation ?

La sécheresse réduit la quantité d'eau disponible pour les plantes, ralentit leur croissance et augmente leur vulnérabilité aux maladies et aux incendies.


Comment réduire le risque d'incendie autour de chez soi ?

Le débroussaillement, le choix de végétaux moins inflammables et le respect des distances de sécurité autour des habitations figurent parmi les mesures les plus efficaces.


Pourquoi le risque incendie touche-t-il désormais des régions autrefois épargnées ?

Parce que des sols plus secs assèchent la végétation plus tôt et plus profondément dans la saison, rendant inflammables des territoires plus au nord qui l'étaient beaucoup moins il y a quinze ans. C’est une évolution en lien direct avec le réchauffement climatique.


De l'alerte scientifique à l'action citoyenne

Il existe un fil conducteur entre les recherches soutenues par la Fondation MAIF en 2010 et les six projets accompagnés aujourd'hui : comprendre les conséquences du changement climatique pour mieux les anticiper. 

Là où la recherche alertait hier sur l'assèchement des sols, les sécheresses et les effets de la canicule en milieu urbain, elle développe désormais des outils, des méthodes et des solutions concrètes pour réduire les impacts sur les habitations, les infrastructures et les écosystèmes.

En transformant la connaissance scientifique en solutions de prévention partagées, la Fondation MAIF poursuit le même engagement historique : mieux protéger les citoyens face aux défis climatiques de demain.